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Débats

« Présidentielle incertaine, partis politiques affaiblis, nouveaux populismes : où va la France ? »

Sciences Po Bordeaux. Première conférence-débat de Révolution Permanente qui en annonce d’autres !

Ce mardi 7 dernier s’est tenue la première conférence-débat organisée par Révolution permanente à Sciences Po Bordeaux. Consacrée à « La crise de la démocratie bourgeoise, Quelles perspectives pour 2017 ? », elle a accueilli près de 50 personnes, et a ouvert un débat croisant les questions d’actualité, que ce soit les questions féministes à l’occasion du 8 mars, ou les différences entre les positions et le programme de Jean-Luc Mélenchon et celui de Philippe Poutou, mais aussi des questions plus globales de caractérisation de la situation et stratégie. Le but était naturellement de réfléchir aux scénarios à venir, et aux perspectives à défendre pour renforcer le camp de celles et ceux qui en ont assez de ce système. Correspondants

jeudi 9 mars 2017

De la situation de crise et d’une conjoncture instable...


Après le succès du premier meeting de Philippe Poutou dans la jeunesse organisé par le NPA jeunes de Bordeaux a Sciences Po, qui avait attiré près de 300 personnes, cette conférence visait, dans la continuité, à approfondir l’analyse de la situation de crise affectant la démocratie capitaliste. Il s’agissait de montrer en particulier que le roman-feuilleton de la présidentielle, une conjoncture extrêmement instable, ne se comprend qu’à l’autre de processus et de tendances plus lourdes caractéristiques d’une période « post-néo-libérale » ayant engendré, sur fond de crise économique et sociale à l’échelle internationale,des situations marquée par des éléments croissants de « crise organique » au sens de Gramsci. L’exposé d’Emmanuel Barot, enseignant-chercheur en philosophie à l’université du Mirail à Toulouse, et membre de la rédaction de Révolution permanente, reparti du plan international et du cas de Trump et des Etats-Unis en particulier, a abordé sur ces bases le cas français et comment la crise des partis traditionnels, celle du PS emblématiquement, mais la droite républicaine tout autant à l’heure des casseroles de Fillon, la fin du bipartisme avec l’enracinement du FN comme premier parti de France, ont été propices au surgissement, ou au renforcement, de nouveaux populismes, comme le populisme néo-libéral de Macron, ou le populisme de gauche de Mélenchon.

« Où va la France ? » : l’actualitéde cette question que posait Trotsky en 1934 a, ensuite permis de revenir sur le tournant bonapartiste imprimé par le tandem Valls-Hollande, et sur les scénarios à venir. Indépendamment de qui gagnera la Présidentielle, la question est surtout de savoir jusqu’où la crise actuelle peut aller et comment le futur Exécutif saura gérer cette polarisation sociale qui va probablement continuer de s’accentuer. L’approfondissement de la crise ira-t-elle nécessairement et seulement dans le sens du pire, ou, au contraire et malgré le poids de la réaction, sera-t-elle l’occasion d’une recomposition des secteurs combattifs de la jeunesse, du monde du travail et des organisations révolutionnaires ? L’opportunité sera-t-elle saisie pour la reconstruction d’une force de résistance et de frappe plus importante que dans la dernière période, à la hauteur des combats à venir, dans la perspective d’un parti révolutionnaire de combat capable à terme de faire la différence ?


Aux perspectives et aux défis qui nous attendent


Le débat, qui a par exemple permis de revenir sur le rapport entre bonapartisme et fascisme, s’est concentré sur deux points majeurs liant actualité et stratégie. D’une part la question du féminisme, de ses différents courants, et de la nécessité incontournable d’articuler la lutte contre le patriarcat à la lutte contre l’exploitation de classe. Le rapport entre parti révolutionnaire et auto-organisation des fractions spécifiquement opprimées (par le sexisme, le racisme), a par exemple permis à Kenza, étudiante et militante, qui avait introduit la conférence en présentant le projet militant et la vocation de Révolution permanente, de faire connaître le mouvement Pan y Rosas, qui actualise un féminisme lutte de classes en l’intégrant dans un projet et une stratégie révolutionnaires d’ensemble.

D’autre part et logiquement, c’est la campagne de Jean Luc Mélenchon, et ses différences d’avec le programme et les objectifs de Philippe Poutou, qui a fait longuement débat. Elle a notamment permis de revenir sur l’actualité de l’alternative entre réforme et révolution, le fait que l’appel au « peuple », même à gauche, tend structurellement à voiler l’antagonisme de classe et l’exploitation capitaliste, et que la seule façon de résoudre définitivement la crise de la démocratie bourgeoise… ce serait d’en finir avec la domination de la classe bourgeoise, ce qui va largement au-delà de l’antilibéralisme.

Ce qui a permis de ré-enfoncer le clou sur les enjeux de campagne que le NPA mène pour que son candidat puisse participer à la présidentielle et porter la voix et les mots d’ordre, non pas d’un vague « peuple », mais bien de notre classe et de celles ceux qui ne veulent plus se bercer d’illusions et poursuivre les combats autant contre l’attaque des droits des travailleurs que la répression policière et le racisme. Mais ce sont surtout les questions de stratégie, avec le centenaire de la révolution russe en toile de fond, par-delà les discussions sur la conjoncture et la présidentielle, qui se sont poursuivies informellement ensuite. A n’en pas douter ces questions aussi complexes qu’essentielles vont continuer d’animer les échanges !

Dans cette perspective, la prochaine conférence, qui se tiendra fin mars, sera consacrée à l’impérialisme français et à la Françafrique.




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