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Tribune

Sciences Po en Lutte : "Il est temps pour les étudiants de montrer leur soutien aux travailleurs et de le rendre public"

Nous relayons la Tribune des étudiants mobilisés de Science Po Grenoble, où ils appellent à la mobilisation avec les travailleurs : "Nous jugeons qu’il est temps de faire front commun avec les travailleur.ses afin de sauver nos acquis sociaux mais aussi la recherche et l’enseignement français déjà en crise".

lundi 27 janvier

Nous, étudiantes et étudiants de Sciences Po Grenoble sommes engagé.es dans la lutte contre la future réforme des retraites ainsi que la prochaine loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) qui précarise le statut d’enseignant-chercheur et pousse à la contractualisation de la recherche.

Dans de le but d’apporter notre soutien aux grévistes mais aussi dans l’optique de protéger notre avenir et celui des générations futures, nous estimons qu’il est nécessaire de rendre public notre engagement. Depuis le 5 décembre 2019, nous avons conduit, à la suite des décisions rendues en Assemblée Générale (AG), 11 blocages de notre établissement et obtenu le report de nos partiels. Ce mouvement est soutenu par une partie de l’administration et du personnel enseignant. Notre action est de plus en plus suivie par les étudiants comme le traduit la participation croissante à nos AG.

Notre engagement s’inscrit dans un mouvement plus global qui se traduit à l’échelle de l’Université Grenoble Alpes (UGA), par des blocages, tractages, piquets de grève et des débrayages (intervention informative pendant les cours).

Le gouvernement prétend maintenir un cadre solidaire. Nous rejetons ces déclarations en affirmant que le nouveau système promeut un individualisme où chacun cotise pour soi. Cette réforme inégalitaire et libérale ne prendra plus en compte les 25 meilleures années travaillées mais la moyenne de l’ensemble de nos salaires, conduisant à une diminution des pensions futures. Celle-ci est en plus rétrograde car elle ne lutte en rien contre l’inégalité des salaires entre les genres et semble ignorer l’augmentation des problèmes sociaux soulignés par l’Observatoire des Inégalités (rapport sur les inégalités en France de 2019). Enfin, la promesse du plancher de 1000€ des pensions de retraite reste inférieure au seuil de pauvreté actuel en France (1026€).

Ce mouvement de grève est historique de par sa longueur et son ampleur mais il est également éreintant pour les travailleurs et travailleuses.

Il est temps pour les étudiants de montrer leur soutien et de le rendre public.
Nous avons conscience que la lutte sera longue car le gouvernement prévoit de ralentir le plus possible l’adoption de la loi afin d’essouffler le mouvement. C’est pour cela qu’il faut non seulement continuer le bras de fer, mais aussi redoubler d’effort. Nous jugeons qu’il est temps de faire front commun avec les travailleur.ses afin de sauver nos acquis sociaux mais aussi la recherche et l’enseignement français déjà en crise.

Nous réitérons donc notre inscription dans un mouvement de grève générale (infirmier.ères, cheminot.es, professeur.es, avocat.es, la police scientifique, docker.euses… sans parler des innombrables salariés de plus ou moins grandes entreprises dont la mobilisation est moins visible).
Mobilisé.es jusqu’au retrait !