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Politique

Confinement à 2 vitesses

Fête clandestine au ministère de l’ESR. Le cabinet de Vidal dénonce "une société de délation"

En pleine polémique sur les fêtes clandestines, la vidéo d'une soirée au ministère de l'enseignement supérieur a mis de l'huile sur le feu quant au sentiment d'un confinement à deux vitesses. Le cabinet de Frédérique Vidal a réagi en dénonçant "une société de délation".

jeudi 8 avril

Crédit photo : AFP

Plus c’est gros, plus ça passe. C’est ce que semble s’être dit le cabinet de la Ministre de l’Enseignement supérieur, où l’on tente de retourner la situation en dénonçant une "société de délation". La délation en cause ? Une vidéo postée sur Twitter et témoignant d’une fête clandestine ayant eu lieu en janvier…au ministère de l’Enseignement supérieur. 

De quoi agacer au plus haut point, surtout dans le contexte des révélations de la chaîne M6 sur les soirées clandestines de luxe organisées par Jean-Pierre Chalençon. De fait, les journalistes soupçonnent la participation de certains ministres à ces avènements, et Marlène Schiappa admettait même sur le plateau de France Info que Gabriel Attal y avait été invité. Autrement dit, le gouvernement avait une parfaite connaissance de ces dîners, auxquels certains auraient même été conviés. 

Ainsi, la révélation dans la foulée d’une soirée dans les locaux du ministère de l’Enseignement supérieur tend à resserrer l’étau autour d’un exécutif qui tout en essayant de montrer patte blanche, semble bel et bien impliqué dans un système de fêtes clandestines de luxe où évoluent les plus hautes sphères de la bourgeoisie et de l’État. 

Dans ce cadre, la défense du cabinet de Vidal cherchant à dénoncer une société de délation est à la fois scandaleux et inquiétant. Scandaleux car il a pour objectif d’inverser la charge de la culpabilité en innocentant les collaborateurs qui sont dans une situation d’irrégularité en pleine pandémie. Inquiétant car il revient à qualifier un tweet relevant de la liberté d’expression de tweet délateur qui n’aurait pas lieu d’être. 

De toute évidence, au gouvernement, on souhaite étouffer la polémique en optant pour un ton provocateur, d’autant plus scandaleux que cela fait des mois que les étudiants sont pointés du doigt comme principaux responsables de la pandémie du fait de leurs "soirées étudiantes". Dans la même veine, la ministre avait justifié le maintien de la fermeture des universités par le fait que les étudiants risqueraient de se ruer sur les bonbons abandonnés sur les tables de la cafétéria. Une politique de responsabilisation individuelle et d’infantilisation, en totale contradiction avec la tranquillité avec laquelle le ministère justifie aujourd’hui que des collaborateurs fassent la fête ensemble sans mesures de protection alors que le pays subit les débuts d’une troisième vague. 

"C’est un moment de détente en marge d’une semaine de travail, il n’y a pas lieu de monter ça en épingle" précise le cabinet de la ministre, avant de souligner que ses collaborateurs "bossent 16 h/jour, 7 jours sur 7". Une explication méprisante vis-à-vis de la population qui trime depuis un an et ne peut bénéficier d’aucun loisir ou moment de vie sociale à cause de la gestion purement répressive de la crise sanitaire par le gouvernement. 

Une énième preuve d’un confinement à deux vitesses, où la haute bourgeoisie et le gouvernement vivent dans des 200m2 et se détendent dans des soirées clandestines pendant que les classes populaires se voient réprimer lorsqu’elles portent leur masque sous le nez ou qu’elles profitent du soleil sur les quais. 




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