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Témoignage. « Les luttes concernant les métiers de l’animation sont invisibilisées »

Au centre de loisirs associé à l’école de Bagatelle à Toulouse, la direction veut mettre en place un nouveau taux d'encadrement d'un animateur pour 18 enfants. Une mesure qui signifie la réduction des moyens humains mis dans l'animation et risque d'aller de pair avec une future suppression d'emplois.

mercredi 20 octobre

Des grèves face à la réforme du taux d’encadrement : un animateur/une animatrice pour 18 enfants.

Je suis animatrice sur le temps péri-scolaire au CLAE HYON de Bagatelle et étudiante en L3 au Mirail, j’apporte mon témoignage pour – espérer – donner de la visibilité à notre lutte.

En juin dernier, des salarié.es de Léo Lagrange se sont rendus au siège de Basso pour pouvoir dialoguer avec le directeur de cette fédération, et exprimer leur total désaccord face au nouveau taux d’encadrement d’1 anim pour 18 enfants. Cet échange a débouché sur le rôle de la mairie concernant le nouveau taux d’encadrement et l’impuissance des fédérations/associations à s’opposer à cette décision.

Actuellement, ayant un taux d’encadrement théorique d’un anim pour 14 enfants, la réalité de terrain est déjà - concrètement – d’un anim pour 18 enfants. L’animation ne sera plus possible lorsque cette réforme entrera en vigueur, et nous serons amenés à faire uniquement de la garderie. Au delà du projet pédagogique et ludique, qu’en sera t-il de la sécurité physique et morale des enfants ? Concernant le secteur Bagatelle, nous sommes dans un Réseau d’Education Prioritaire, autrement formulé : les enfants ont des besoins spécifiques. Nous ne pourrons plus répondre aux besoins des enfants, ni même gérer les conflits individuels de chacun d’entre eux.

Nous possédons très peu de moyens matériels, et désormais la mairie s’en prend aux moyens humains. Les luttes concernant les métiers de l’animation sont passées sous silence, et invisibilisées. Or, nous sommes directement liés au développement, l’épanouissement de l’enfant à travers des projets d’activités réalisés tout au long de l’année. L’animation est un métier pluridisciplinaire : créer des projets d’activités, être à l’écoute de l’enfant, l’accompagner dans son année scolaire, l’aider lorsqu’il rencontre des difficultés face à ses études et dans sa vie, élaborer un projet spécifique lorsque c’est nécessaire […] et pourtant on nous crache ouvertement dessus. Un manque de reconnaissance professionnelle est clairement omniprésent. Un.e animateur/trice pour 18 enfants, cela signifie aussi des suppressions de postes lorsque ce taux sera d’actualité...

Nous sommes en train d’organiser notre lutte à travers des grèves et débraye-ment dans l’espoir que les choses changent. Notre Clae était fermé ce lundi 18 octobre dans le but d’exprimer notre colère, et d’entrer en contact avec les familles devant l’école pour leur expliquer l’enjeu de ce nouveau taux d’encadrement. Les parents comprennent notre mécontentement et nous soutiennent : ils ont également peur pour leurs enfants dans le futur à venir - étant conscients de tout ce que cette réforme va engendrer - Nous continuons notre grève ce jeudi 21 octobre, et ce sera 5 écoles qui se joindront à nous : Musset, Bonnefoy, Amidonniers, Godelin, Dauriac. Nous continuerons à élaborer notre lutte, dans l’espoir qu’elle prenne de l’ampleur et jusqu’à ce que la mairie nous écoute et comprenne le danger de cette réforme, - réforme dont ils sont responsables -.