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Total Feyzin : Les raffineurs en grève totale et illimitée depuis 29 jours, les Gilets jaunes en soutien

Depuis un mois, les raffineurs du site de Lyon Feyzin sont en grève totale et illimitée pour leurs conditions de travail. La direction veut licencier sept salariés alors même que Total fait des bénéfices records !

lundi 4 novembre

Total licencie alors que l’entreprise fait 13,6 milliards de bénéfices

Depuis le lundi 7 octobre, la raffinerie de Lyon Feyzin est à l’arrêt. Le syndicat FNIC-CGT (Fédération Nationale des Industries Chimiques) de Rhône-Alpes a lancé une grève suivie à 100% en réponse au projet de la direction de licencier sept salariés, alourdissant de ce fait la charge de travail des autres travailleurs, le tout sans compensation. Bien évidemment, la direction du site dirigé par Total dément et promet une requalification des sept salariés « sans impact sur leur contrat de travail ni leur classification ». Mais, d’après le délégué syndical CGT Pedro Afonso, la direction veut enfumer tout le monde car « les départs à la retraite ne seront pas remplacés. Sur l’effectif que l’on a aujourd’hui, nous aurons une perte sèche de sept emplois, on ne peut pas accepter cela ».

La compagnie pétrolière argue que le site tourne au ralenti et que cela justifie une réduction des postes. De son côté, la CGT rappelle que le site est particulière compétitif. Par ailleurs, Mickaël Corgier, référent régional FNIC-CGT, rappelle que « Total fait des milliards de bénéfices et touche le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) et le crédit d’impôt recherche (CIR) ». L’entreprise pétrolière a, en effet, réalisé près de 13,6 milliards d’euros de bénéfices en 2018 et a touché près de 100 millions d’euros de la part de l’État via le CICE et le CIR. Sa politique de licenciement n’en est que plus abjecte. Mais ce qui a aussi soulevé les salariés de la raffinerie de Feyzin c’est l’absence totale de prise en compte par la direction des risques sanitaires et écologiques que ces licenciements peuvent provoquer.

Risque de catastrophe écologique

L’autre raison de la grève des raffineurs vient des risques inconsidérés que la direction veut faire prendre aux salariés du site de Feyzin. En effet, le changement d’organisation que la direction veut mettre en œuvre implique de transférer le torchage à un autre secteur, ce qui pose un problème de sécurité majeur pour le site. Le torchage consiste à brûler les rejets de gaz toxiques à différentes étapes du processus de raffinage, opération éminemment dangereuse. Dans son communiqué datant du 9 octobre dernier, la FNIC-CGT dénonçait les risques de ces changements ainsi : « la direction en soumettant toujours plus ses salariés à des charges de travail démesurées, est-elle consciente qu’elle expose la population à un LUBRIZOL ou un AZF bis ! ».

Une fois de plus, on voit à quel point la sécurité des installations, la santé des populations, des travailleurs et l’écologie sont le cadet des soucis des grandes entreprises comme Total. Depuis le début de la grève, la direction prend des risques avec la sécurité du site et laisse des unités remplies d’hydrogène sans surveillance. Afonso Pedro, délégue CGT du site, affirme avoir « fait rentrer chez eux des personnes qui sont sur des unités à risques » suite à la négligence de l’entreprise. Il dénonce les risques pris par la direction de Feyzin qui pourrait causer « un accident majeur de la plateforme et par ricochet la population environnante ». Il déplore aussi que « les industriels poussent pour de nouvelles catastrophes ».

Grève dure, blocage et pénurie

Le mouvement de grève est suivi à 100% assure la direction CGT de la raffinerie. Au début du mouvement, les grévistes tablaient sur la pénurie en carburant pour gagner le mouvement. Mais la direction de Total a approvisionné les pompes de la région pour tuer dans l’oeuf le mouvement. Toutefois, selon le délégué CGT Afonso Pedro, « ça commence à gueuler au niveau de la préfecture et de l’aéroport ». Depuis quelques temps, les avions faisant escale à l’aéroport Lyon Saint-Exupéry sont invités à avoir suffisamment de carburant pour ne pas avoir à faire le plein lors de leur transit par Lyon.

Devant cette preuve que leur grève pèse, les raffineurs ont organisé ce lundi matin, 29ème jour de leur grève, un blocage des expéditions de la raffinerie pour faire pression sur leur direction. Mais les forces de répression ont levé le blocus. Néanmoins, la détermination des salariés semble rester intacte comme en témoigne l’appel lancé le 2 novembre dernier de la FNIC-CGT : « NON À CE SYSTÈME CAPITALISTE QUI PRÉFÈRE LE PROFIT À LA SÉCURITÉ ! Il nous faut changer ce système qui nous exploite, nous opprimes, nous tuent, détruis la planète, même toutes vie sur terre pour faire toujours plus de profit !! Menons, dès le 5 décembre, par la grève, une révolte populaire ! ».




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