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Politique

Gentrification

Toulouse : un arrêté « anti-SDF » signé par le maire

Au cœur du centre-ville toulousain, une trentaine de familles, vit dans une misère extrême, entassée dans des tentes de part et d'autre des boulevards. Le maire de Toulouse, plutôt que travailler à la création de logement sociaux, vient de déposer ce jeudi un arrêté « anti-bivouac » pour mieux réprimer la pauvreté.

vendredi 13 septembre

A Toulouse, en plein processus de gentrification, la misère n’est pas trop du goût de Moudenc. Des familles pauvres vivant dans des tentes au milieu d’un centre-ville en « réaménagement », ça ne passe pas. Le maire a donc signé ce jeudi, un arrêté permettant à la police municipale de mettre directement des amendes aux SDF et de « provoquer la saisine de la police nationale » pour multiplier les contrôles d’identité. La trentaine de famille concernées courent maintenant le risque direct d’une amende, qui pourra être mise par un policier municipal. Mais surtout, ils vont faire face à la systématisation des contrôles policiers par le biais de la police nationale en lien direct avec la municipale. Une mesure qui vise à chasser la pauvreté du centre et qui annonce la couleur de la campagne que mènera Moudenc pour sa reconduction aux municipales.

Mais cette politique n’est que la continuité du projet sécuritaire et anti-social que porte Moudenc depuis des années. En témoigne le doublement des effectifs de police municipale ou encore la multiplication des caméras de surveillance (de 100 en 2016 à 350 aujourd’hui). C’est aussi une mesure sur fond de xénophobie, déjà en 2018 Moudenc avait déclaré vouloir faire la guerre aux « immigrés clandestins » du quartier d’Arnaud Bernard. De même, son ancien conseiller municipal, Aviv Zonabend, s’était distingué en affirmant qu’il y aurait « trop d’arabes à Toulouse ». Dans ce cas précis, le maire accuse des « réseaux » de coordonner la venue de migrants, affirmant que les toulousains aurait un « sentiment d’une sorte d’invasion ».

La gentrification à l’œuvre dans le centre ville de Marseille, de Perpignan ou encore du 18ème arrondissement à Paris sévit plus que jamais sur Toulouse. Pour l’illustrer, rien de mieux que le projet immobilier TESO qui prévoit la destruction de différents quartiers populaires (Bonnefoy, Périole). L’objectif est de transformer l’ensemble en « quartier d’affaire », étoffé de nombreux centres commerciaux et bureaux. Le tout est incarné par la construction d’une « Tour Occitanie » de 150 m de haut. Sans compter le projet de « Ramblas » sur les allées Jean Jaurès et les multiples rénovations urbaines mettant en avant les commerces au détriment du logement de la population.

Les municipales approchent et l’annonce de cette mesure xénophobe, antisociale lance la campagne de Moudenc. En « bon chasseur », il navigue sur le terrain de l’extrême droite et instrumentalise le cas d’une trentaine de familles pour mieux réprimer l’ensemble des 4 163 SDF comptabilisés (par la mairie) dans la ville rose. On ne peut s’empêcher de penser au coup de com’ de Macron en février 2019. Notre cher président s’était mis en scène au secours des SDF alors même qu’il réduisait de plus de 30 millions d’euros le budget des centres d’hébergement. Il a comme objectif 57 millions d’euros de réduction d’ici 2022.

Ce même Macron en pleine campagne exprimait sa volonté « d’ici la fin de l’année, de ne plus avoir des hommes et des femmes dans la rue". Mais la politique actuelle, comme l’illustre Toulouse et d’autres villes, c’est de chasser pour mieux cacher la pauvreté. C’est couper les vivres des centres d’hébergements et faire parler la répression alors que la misère s’amplifie.

Crédit photo : AFP Pavadi




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