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Jeunesse

Continuité pédagogique

Un garçon de 13 ans se suicide submergé par le travail scolaire

Cela ne fait pas la une de BFM et pour cause, alors que Jean Michel Blanquer enchaîne les directs live sur les réseaux sociaux pour vanter les bienfaits de sa continuité pédagogique, un jeune garçon de 13 ans s’est suicidé chez lui confronté à une surcharge de travail.

lundi 13 avril

C’est mardi 7 avril que le jeune garçon de 13 ans est retrouvé pendu dans sa chambre par son petit frère. Le jeune garçon scolarisé en cinquième à Douai n’avait pas d’antécédent suicidaire. C’est la FCPE qui alerte sur la surcharge de travail fourni à l’élève et qui serait à l’origine de son geste. Ses parents “ont expliqué aux policiers qu’il avait été submergé par la masse de travail scolaire à la maison, depuis le début des mesures de confinement”.

Alors que les professeurs parents et élèves alertent depuis le début du confinement sur les injonctions contradictoires du ministère de l’éducation et d’une continuité pédagogique mal préparée et renvoyée aux responsabilités individuelles. Le ministre maintient la pression sur les évaluations du contrôle continu, des oraux de français, des évaluations à « l’assiduité », aux compétences et n’a pas un mot pour les familles endeuillées. C’est à peine s’il aborde dans ses prises de parole la souffrance liée au confinement. Celui-ci cherche en effet à maintenir le cap coute que coute comme un patron d’entreprise qui n’aspire qu’à ce que la machine tourne et que ses employés produisent du chiffre !
Et si le suicide du jeune garçon ne fait pas la une de BFM ou de TF1, c’est bien qu’il s’agit encore et toujours de ne pas faire de vague dans l’éducation nationale où le malaise est grand. En effet l’année y a été marquée par le suicide de Christine Renon directrice d’école à Pantin ouvrant ainsi la boîte de Pandore des malaises et souffrances liés aux réformes successives.

Si le modèle hospitalier libéral que le gouvernement a voulu imposer et ce malgré l’opposition des travailleurs de la santé montre aujourd’hui son échec, du côté de l’éducation nationale le même modèle libéral est également de mise engendrant avec lui son lot de souffrance et de victimes. Car nous ne le répéterons jamais assez la scolarité doit être celle de l’éducation, de l’émancipation, du plaisir aux apprentissages, bien loin donc du visage qu’elle a aujourd’hui ; évaluation permanente, néomanagement, pressions administratives quotidienne…

Les réformes, les décisions prises en haut ont un impact sur nos métiers, nos vies, nos esprits, alors ce modèle tant idéologique qu’économique, que les gouvernements successifs ont imposé, révèle ses failles dans la crise de la pandémie et en particulier quand il s’agit des services publics.
Sur Révolution Permanente nous n’avons eu de cesse de dénoncer depuis le début du confinement une continuité pédagogique mal préparée que les profs et les élèves ont malgré tout accepté en serrant les dents et en se confrontant au mépris du gouvernement.

Alors pendant que Jean Michel Blanquer communique et cherche à rétablir un lien qu’il n’a jamais eu, le malaise lié à ses réformes est grandissant, la perte de sens d’une éducation publique s’accélère et le nombre de victimes augmente. Alors même s’ils cherchent à l’étouffer l’année 2019-2020 sera celle des morts de notre camp ; de Christine Renon à ce jeune garçon, mais elle sera aussi celle d’un secteur qui se réveille pour lutter et dire haut et fort : Plus jamais ça !




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