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Répression

« Une cinquantaine de blessés graves » : l’Etat réprime la manifestation écolo contre le projet Lyon-Turin

Ce weekend, la mobilisation écolo contre le projet Lyon-Turin appelée par les Soulèvements de la terre a fait face à une répression importante, avec plus de 2000 policiers mobilisés. Les organisateurs parlent de plusieurs dizaines de blessés dont 2 au pronostic fonctionnel engagé.

James Draoust

19 juin 2023

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« Une cinquantaine de blessés graves » : l'Etat réprime la manifestation écolo contre le projet Lyon-Turin

Crédits photo : capture d’écran d’une vidéo de Bismuth Back

Dénoncé chaque année depuis 30 ans, le projet ferroviaire Lyon-Turin menace la sécurité des habitants avec le forage de 260 km de roches du massif transalpin, la destruction de la biodiversité et de sources d’eau.

Lors du week-end de mobilisation contre ce projet, plus de 4000 personnes ont manifesté ce samedi à l’appel d’associations locales et transalpines, des Soulèvements de la terre, du mouvement italien NO TAV, de SUD Rail Alpes et d’organisations politiques et du mouvement social.

Bien avant la manifestation, le préfet avait menacé les manifestants et annoncé la répression en organisant un important dispositif policier et en prononçant l’interdiction de la manifestation, des interdictions administratives de territoire pour des militants étrangers, des contrôles renforcés dans les gares et aux frontières. Ainsi, 27 militants auraient été interpellés selon BFM et reconduits à la frontière italienne par les forces de répression. De même, 50 militants de No-TAV et des bus transportant 250 personnes venues de Val de Susa n’auraient pas pu se rendre sur le lieu de la mobilisation selon les Soulèvements de la Terre : «  Les bus transportant 250 personnes venues du Val Susa ont été arrêtés avant le tunnel de Fréjus. De plus, 50 militant-es NoTAV se sont vu-es remettre des refus d’entrée sur le territoire. »

Quelques dizaines de minutes après le départ de la manifestation, l’important dispositif policier a commencé à réprimer les manifestants. Plus de 2000 policiers et gendarmes, dont 10 escadrons mobiles ainsi qu’un hélicoptère de la gendarmerie ont bombardé de gaz lacrymogènes et de grenades de désencerclement la manifestation, avec pour objectif de l’empêcher d’accéder au chantier de forage d’un tunnel de 57 km de long. Les policiers ont chargé le cortège à plusieurs reprises, interrompant les charges par des gaz et des grenades, provoquant de nombreuses blessures et des départs de feu.

La répression aurait blessé plusieurs dizaines de manifestants selon le communiqué des Soulèvements : « le bilan actuel fait état d’une cinquantaine de blessé.es graves, 6 hospitalisations dont 2 pronostics fonctionnels engagés ». « Nous avons dû gérer beaucoup de blessures par des éclats de grenades assourdissantes et des GML2, sur les jambes, le visage », explique ainsi à Reporterre une médic présente à la manifestation.

De plus, une personne, blessée au pied par une grenade, se serait vue refuser des soins médicaux à l’hôpital Saint Jean de la Maurienne où un rassemblement de soutien organisée par les Soulèvements de la terre s’est organisé dimanche après midi : «  Son pied aurait besoin d’un plâtre, mais l’hôpital dit ne pas pouvoir le faire parce qu’il faudrait encore nettoyer la blessure, et que cela pourrait se faire chez lui, par un·e infirmier·ère. On parle d’une plaie de 5 à 6cm, avec corps étranger, impliquant un ITC de 30 jours ! », témoignent Les Soulèvements.

De la même manière, l’éclat de grenade aurait été remis à la police après avoir été enlevé malgré la demande du blessé de le garder : « La personne a demandé à avoir le morceau de grenade qui lui a été retiré de sa blessure. Le personnel hospitalier lui a dit que ce n’était pas utile et ont voulu le jeter. Il les a finalement vu le mettre dans un sac, ils lui ont répondu qu’ils allaient le remettre aux gendarmes. ». Une tentative étatique de dissimuler l’ampleur des violences policières et de minimiser sur le papier leurs conséquences.

De Sainte-Soline à la vallée de la Maurienne, des qualifications « d’éco-terrorisme » aux tentatives de dissolution des Soulèvements de la terre, en passant par les vagues d’arrestations et de perquisitions menées par les services anti-terroristes, le gouvernement redouble de hargne dans la répression du mouvement écologiste. Une offensive dirigée contre les militants écolos et plus largement le mouvement social face à laquelle il faut opposer la solidarité la plus large.


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