^

Politique

Confinement autoritaire

Une enquête sur la mort d’un homme au commissariat de Saint-Denis... confiée à celui-ci

Enquête sur la mort d’un trentenaire en garde à vue : arrêté sous état d’ivresse, l’homme est diagnostiqué en bonne santé par le médecin du commissariat, et pourtant il meurt dans la nuit.

mardi 5 mai

Crédits photo : /LP/I.C.

Un homme meurt en garde à vue

Au commissariat de Saint-Denis, un homme est mort dans la nuit du 30 avril au 1er Mai. Selon Le Parisien, l’homme avait été arrêté un peu plus tôt dans la journée pour état d’ivresse manifeste sur la voie publique. Conduit très rapidement au commissariat, il fut placé en cellule de dégrisement, son état d’ébriété ne permettant pas un placement dans une cellule de garde à vue conventionelle. À 18h55, un certificat de non admission (en hôpital) est dressé par le médecin du commissariat venu l’examiner. Ce certificat indique donc que l’état de santé de l’homme ne nécessitait pas d’hospitalisation et qu’il y avait donc “compatibilité de la rétention dans une chambre de sûreté jusqu’à ce que la personne ait recouvré la raison” comme l’indique le code de la santé publique.

Toujours selon Le Parisien, malgré le diagnostic positif du médecin rendant conforme sa détention, l’état de santé du détenu s’est détérioré dans le courant de la nuit. Inconscient, il n’a pas pu être réanimé et son décès est acté à 1h30 du matin.

Une enquête sur les conditions de sa mort au commissariat de Saint-Denis… confié au commissariat de Saint-Denis

Le parquet de Bobigny a déclaré “qu’une enquête a été ouverte pour rechercher les causes de la mort”. Ceci bien sûr est nécessaire, mais on ne peut que douter de la neutralité de l’enquête qui sera menée, quand on sait que c’est le commissariat même où a eu lieu le décès qui est en charge de l’enquête sur les causes de celui-ci.

Nous affirmons que dans un cas comme celui-ci, ou d’autres similaires, seule une commission d’enquête indépendante, avec le diagnostic d’un médecin indépendant du commissariat est à même d’assurer l’enquête sur un décès en garde à vue.

Cette mort est la neuvième depuis depuis le début du confinement ; un confinement autoritaire mis en place par l’État, où la police gère de manière totalement arbitraire les allées et venues en marge du confinement. Bien que dans le cas présent on ne puisse pour l’instant pas directement incriminer les policiers ou la méthode d’arrestation ; la procédure d’enquête qui en découle est complètement biaisée, et on peut aisément en prévoir l’issue, c’est-à-dire l’impunité.

Le collectif “Désarmons Les”, qui se donne pour objectif de lutter contre les violences d’État s’est lui aussi emparé de cette affaire, et pour reprendre leurs mots, nous ne faisons qu’émettre ici “des hypothèses légitimes lorsqu’une personne meurt aux mains de policiers.(...)




Mots-clés

confinement   /    Police   /    Saint-Denis   /    Politique