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Grève de la santé

Urgences. Buzyn lâche des miettes supplémentaires avant la rentrée sociale

À la veille de la rentrée sociale, les services des urgences poursuivent leur grève. Cette pression pousse le gouvernement à lâcher quelques mesures supplémentaires pour palier à la crise hospitalière : la peur d'une rentrée explosive est bien là !

mercredi 4 septembre

Le collectif inter-urgence comptabilise aujourd’hui 237 services d’urgence en grève, 28 services de plus qu’il y a un mois malgré la trêve estivale. Une mobilisation qui grandit encore à la veille d’une assemblée générale prévue ce 10 septembre pour coordonner la lutte au niveau national. Devant la combativité des grévistes, Agnès Buzyn prend peur et annonce de nouvelles mesures pour les urgences, alors que celles-ci devaient être annoncées à la mi-septembre.

Avant l’été, ce sont 70 millions d’euros qui avaient été débloqués servant principalement à financer une prime de 100 euros net par mois pour les personnels soignant des urgences. Cette mesure ridicule face aux besoins réels des services d’urgences aujourd’hui n’avait pas fait faiblir la mobilisation qui s’est d’ailleurs vue rejoindre par un grand nombre de nouveaux services. Rebelotte en cette fin d’été puisque la ministre de la santé Agnès Buzyn annonce de nouveau des mesures pour tenter d’apaiser la colère des urgentistes. Des mesures qui « remonteraient du terrain  » faisant suite à la mission de Pierre Carli (chef du SAMU de Paris) et Thomas Mesnier (député LREM de charente), un terrain des plus impartial donc.

Selon les annonces, il s’agirait de changer la prise en charge des personnes âgées pour « réduire au maximum  » leur passage aux urgences notamment en créant des « filières d’admission directe  ». Une « incitation financière, une forme de bonus ] » a été promise aux hôpitaux qui les mettront en place. Pour désengorger les urgences, la ministre se tourne vers les médecins libéraux ou les ambulances, sur lesquels on pourrait compter pour emmener les patients qui, sans avance de frais, auront le droit à une consultation ainsi que certains examens médicaux. Une « vidéo-assistance entre les Ehpad et le Samu  » est aussi prévue pour préserver les personnes âgées d’une hospitalisation lorsque celle-ci n’est pas nécessaire, on revient à la logique de culpabilisation du gouvernement envers les malades, qui abuseraient du système de santé.

De plus, les personnels paramédicaux urgentistes pourront désormais faire plus que ce qui leur était alloué, comme par exemple « prescrire de la radiologie (ou) faire des sutures » en échange d’une prime de 80 euros net mensuels. Enfin Agnès Buzyn pense équiper tous les établissements hospitaliers du dispositif “bed manager” servant à la gestion en temps réel des lits.

Si ces mesures ne sont pas négligeables, elles sont pourtant loin d’être suffisantes pour régler la crise hospitalière : ce n’est pas en généralisant un outil informatique de gestion des lits qui en fera apparaître de nouveaux. Le véritable problème, comme le rappelle le collectif inter-urgence, reste les restrictions budgétaires en place depuis des années, qui asphyxient les services d’urgences et empêchent les soignants de réaliser leur travail. La suppression des lits, le non-recrutement de personnels titulaires, la dégradations des conditions de travail et de soins pour les patients sont autant de causes des politiques destructrices du service public de la santé.

La mobilisation n’est pas prête de se satisfaire de si légères mesures quand la colère des grévistes s’est accumulée sur plusieurs années de mesures austères à l’encontre de leur conditions et lieux de travail. A l’instar de l’assemblée générale appelée par les membres du collectif Inter-Urgences répondant à cette colère et visant à mettre en place des revendications communes à tous les services d’urgences au niveau national ainsi que pour tous les métiers qu’ils portent. Cette assemblée générale qui se tiendra le mardi 10 septembre à la bourse du travail de Saint-Denis permettra par ailleurs à d’autre secteurs soignants de rejoindre le mouvement comme la psychiatrie ainsi que les médecins qui ont annoncé rejoindre la mobilisation.

Nous relayons le dernier communiqué de presse :




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