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Vers une intervention américaine au Venezuela ?

Selon le numéro 2 du gouvernement, Diosdado Cabello, les marines américains pourraient entrer au Venezuela mais « le problème serait de sortir ». Derrière ces tensions, une autre dynamique prend forme dans la politique vénézuélienne.

mercredi 31 juillet

Crédit photo : MARCELO PEREZ DEL CARPIO / ANADOLU AGENCY

Une perspective d’intervention militaire rejetée par l’impérialisme et ses soutiens

A la 25ème édition du Forum de São Paulo, organisation qui rassemble plusieurs partis et organisations politiques de gauche au sens large permettant de débattre sur plusieurs problèmes sociaux et politiques, le numéro 2 du gouvernement Maduro s’est prononcé sur les récentes frictions entre le Venezuela et les Etats-Unis. « Il est probable que les marines américains entrent » a déclaré Diosdado Cabello sans plus de détails, avant de rajouter : « leur problème sera de sortir du Venezuela ».

La semaine dernière, l’US Army accusait encore un avion de combat vénézuélien de l’avoir poursuivie « de manière agressive », alors que les américains avaient violé l’espace aérien et que les avions de combats n’avaient fait que l’accompagner en dehors de l’espace aérien du Venezuela, d’après un communiqué de l’armée vénézuélienne.

Pourtant ces tensions, aussi présentes soient-elles, ne sont qu’un jeu pour gagner du temps au vu de l’opposition à toute intervention militaire de la part des Démocrates et des Républicains aux Etats-Unis, ainsi que de l’ensemble des gouvernements latino-américains, y compris ceux d’extrême-droite comme la Colombie et le Brésil. Une opposition qui s’expliquer par les conséquences dramatiques que cela pourrait avoir pour l’ensemble de la région.

Depuis l’offensive putschiste menée depuis le 23 janvier par le président autoproclamé Guaidó –soutenu par les Etats-Unis –, la désastreuse tentative d’un coup d’État le 30 avril et la défaite de « l’aide humanitaire », l’opposition de droite comme le régime et le gouvernement Maduro ont connu des hauts et des bas. L’impérialisme et l’opposition de droite qui, au nom de la prétendue « aide humanitaire », soutenaient un ensemble de mesures comme le gel des actifs vénézuéliens, notamment ceux de l’entreprise vénézuélienne opérant aux Etats-Unis, Citgo, ou le blocus pétrolier. Celles-ci n’avaient d’autre but que d’accroître la pénurie existante dans le pays et de se débarrasser de Maduro, mais ont mené à une impasse.

Impérialisme américain et bonapartisme vénézuélien : une double impasse pour les travailleurs

L’opposition de droite est en effet submergée par les défaites successives et se trouve divisée entre les tenants d’une ligne putschiste, prêts à tenter l’intervention militaire étrangère, et ceux qui préférent jouer la carte des négociations. Les Etats-Unis poursuivent quant à eux leur politique criminelle et cynique. D’un côté, Donald Trump maintient les « sanctions économiques » qui accroissent les pénuries d’aliments et de médicaments et qui ont déjà coûté la vie à 40 000 Vénézuéliens selon deux économistes étasuniens. De l’autre, la même administration Trump a prolongé ce vendredi l’autorisation d’exercer au Venezuela pour un groupe d’entreprises pétrolières dont Chevron, Halliburton, Schlumberger… La politique de Trump est simple : blocage maximal pour affecter la population vénézuélienne, carte blanche pour ses multinationales afin de ne pas perdre de parts de marché contre la Russie et la Chine.

De son côté, Maduro, qui revendiquait l’anti-impérialisme, montre son vrai visage et s’assied à la table des négociations avec l’opposition sous l’égide de la Norvège, actuellement dans l’île de la Barbade. Pour lui, il est question de gagner du temps et de sauver sa peau et celle de la caste bureaucratique, en continuant de payer la dette extérieure plutôt que d’importer les aliments et les médicaments dont la population a un besoin vital. Face à l’effondrement de la monnaie et au cycle d’hyperinflation, le gouvernement Maduro s’avère incapable de maintenir le pouvoir d’achat des travailleurs dont le salaire minimum mensuel est désormais inférieur à cinq dollars.

Force est donc de constater qu’il n’existe aujourd’hui aucune issue pour le peuple vénézuélien à travers les « transitions pacifiques » de l’impérialisme américain ou par des accords par en haut entre militaires, qui sont tous d’accord sur une chose : faire payer aux travailleurs la crise. S’il faut évidemment dénoncer l’ingérence de l’impérialisme et toute tentative de coup d’État, le seul débouché possible pour sortir de la crise doit venir de la mobilisation indépendante de l’ensemble de la classe ouvrière et des opprimés autour d’un programme en propre.




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