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Offensive réactionnaire

Violences, intimidations, jeunes livrés à la police : l’extrême-droite collabore à la répression des révoltes

Alors que l’État réprime durement les révoltes déclenchées par la mort de Nahel ces derniers jours, l’extrême-droite tente de profiter de la séquence pour repasser à l’offensive. Dans plusieurs villes, des groupes de fascistes ont tabassé des jeunes sous le regard bienveillant de la police.

Olga Hagen

3 juillet

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Violences, intimidations, jeunes livrés à la police : l'extrême-droite collabore à la répression des révoltes

Crédit photo : capture d’écran télégramme

Voilà six jours que des révoltes ont commencé dans les quartiers populaires à la suite de la mort du jeune Nahel. Des explosions de colère qui ont fait face à une répression brutale du gouvernement, mobilisant plus de 40.000 policiers chaque soir, épaulés par le RAID, la BRI et le GIGN. Une offensive dont l’extrême-droite a tenté de profiter politiquement, en multipliant les appels à une répression plus dure, mais également en s’organisant pour s’en prendre aux jeunes mobilisés, main dans la main avec la police.

A Lorient, une trentaine de militants d’extrême-droite masqués et cagoulés, ont, dans la nuit entre vendredi et samedi, participé à la répression. « Un groupe d’une trentaine d’individus, masqués, cagoulés et se présentant comme « anticasseurs », mettait « des serre-flex aux poignets » de certains jeunes, avant de les présenter aux forces de l’ordre » rapporte ainsi Le Télégramme.

Dans la nuit de vendredi à samedi, une milice d’extrême-droite, composée de militants de l’ex-Alvarium, dissous en 2021, était également de sortie à Angers. Armés de battes de baseball et de barres en fer, ces derniers s’en sont pris à des manifestants isolés, dont deux d’entre eux ont fini à l’hôpital. Le lendemain, ces derniers ont subi une contre-attaque et se sont fait repousser jusque dans leur local.

Samedi, une autre milice d’une vingtaine de personne ont tourné autour de la Préfecture, cette fois à Chambéry, scandant : « Français, réveille-toi, tu es ici chez toi ! ». Une démonstration symbolique, pour tenter d’intimider d’éventuels jeunes mobilisés. Dans la nuit de ce dimanche à lundi, ce sont finalement entre 80 et 100 fascistes qui sont rentrés dans Lyon dans le but de s’en prendre à des manifestants isolés. Sur les vidéos, on peut voir près d’une centaine d’individus cagoulés et armés, crier « la France aux français ! Bleu blanc rouge ! ».

Dans les villes où elle est implantée, l’extrême-droite violente tente ainsi de profiter de la séquence pour montrer les muscles. Des intimidations encore initiales, mais qui témoignent d’une volonté claire, dans la continuité d’attaques de manifestations ces derniers mois : chercher le contact avec ceux qui relèvent le tête et se poser en appui de la répression des mobilisations et des révoltes. Des attaques qui vont au-delà des mobilisations, comme l’a montré l’attaque, ce samedi, d’un festival de musique à Saint-Brieuc était attaqué par un groupuscule d’extrême-droite. On y voit une dizaine d’individus masqués, cagoulés, matraques à la main.

Des initiatives qui tentent de surfer sur l’offensive autoritaire en cours et la surenchère répressive du gouvernement, dans la continuité des sorties de Eric Zemmour, Marion Maréchal, Eric Ciotti ou Jordan Bardella, s’en prenant violemment aux révoltes, de la cagnotte lancée en soutien au meurtrier de Nahel, ou encore des communiqués des syndicats de police qui multiplient les pressions au gouvernement pour que celui-ci accentue la répression des manifestants.

Une offensive réactionnaire à laquelle la passivité des directions syndicales et de la gauche ouvre la voie. Alors qu’après avoir soutenu les révoltes la gauche institutionnelle commence à accepter le « front républicain » imposé par le gouvernement en soutien aux élus, l’heure devrait être au contraire à construire la solidarité avec les jeunes mobilisés ces dernières nuits. Une solidarité que le mouvement ouvrier doit chercher à construire, et qui peut être le levier d’un mouvement d’ensemble contre les violences policières, le saut autoritaire qui se prépare, mais aussi pour toutes les questions soulevées par les révoltes des quartiers populaires.


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