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Politique

Le gouvernement prend des mesures, sans admettre les violences policières.

les policiers équipés de "flashballs" seront filmés : la fausse mesure du gouvernement

Le scandale des violences policières, avec les mutilations des manifestants gilets jaunes par des lanceurs LBD et des grenades, s'est imposé à l'agenda médiatique puis politique. Après les reportages dans les grands journaux télés, la revendication de leur interdiction, le gouvernement a du réagir : les policiers utilisant les flashballs seront désormais équipés de « caméras-piétons », permettant de filmer le contexte d’utilisation de ces armes « sub-létales ». Cette mesure, en réalité, ne garantit absolument pas une diminution des violences.

jeudi 24 janvier

Mauvais timing pour le gouvernement : après avoir commandé 450 lanceurs multi-coups et 1280 lanceurs mono-coup, les images des nombreuses mutilations qu’avait causé cette arme explosait -enfin- dans les grands médias. Suite à des tirs de cette arme, 17 manifestants ont perdu un oeil et un pompier est tombé dans le coma durant plusieurs jours à Bordeaux.

Tenu pour responsable de ces violences, le gouvernement, éclaboussé par le scandale, a finalement été forcé de prendre des mesures. Christophe Castaner, ministre de l’intérieur -qui il y a peu déclarait qu’« aucun policier n’a attaqué des gilets jaunes » - a finalement annoncé que les policiers équipé de LBD porteront désormais des caméra sur eux, afin de pouvoir juger des circonstances de l’usage de ces armes.

Ce qui pourrait sembler être une reculade de Castaner, sous la pression médiatique et politique de la contestation de ces armes, n’est en réalité que pure façade. D’abord, les caméra sont portées au niveau de la ceinture, et pas directement sur le LBD. La visibilité peut donc très facilement être entravée, l’angle de la caméra étant mauvais, l’objectif peut facilement – ou volontairement - être caché, la mauvaise qualité de l’image rendre les images très confuses…

Également, la faible charge de la batterie, limitée à 3 heures, ne permet pas aux policier de la garder allumée en permanence : celui ci doit, avant un tir, allumer la caméra. D’après les propres mots de Christophe Castaner, cette caméra ne pourra être utilisée qu’en « conditions normale », ce qui signifie, in fine, que les tirs en urgence ne seront donc pas soumis à obligation d’être filmés.

Autant de choix douteux -le fait de mettre la caméra à la ceinture, la faible capacité de la batterie- qui permettront aux autorités, en cas de bavure, de trouver tous les prétextes pour disculper les policiers. Également, un policier qui commettra des violences volontaires ne se risquera sûrement pas à filmer ces exactions, pouvant très facilement prétexter d’une « situation d’urgence » qui justifiera donc le fait de ne pas avoir allumé sa caméra.

Cette mesure, qui sera mise en place lors de l’acte XI des gilets jaunes, n’est qu’un effet d’annonce du gouvernement. Celui ci ne se risquera évidemment pas à décrédibiliser la police, principale force sur laquelle il peut compter dans cette situation où il a tant à perdre. C’est ce qu’on peut comprendre des différentes déclarations de membre du gouvernement, Macron en tête, qui se disait, en janvier de l’année dernière « prêt à attaquer en diffamation » toute personne dénonçant les violences policières ». Des déclarations qui en disent long sur la future utilisation de ces caméras.




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