Société

Répression tout azimut

[Dernière Minute] Rennes : les véhicules de police foncent sur les manifestants sur la rocade. Plusieurs blessés graves.

Publié le 2 juin 2016

crédits photo MaxPPP

Yano Lesage

A Rennes, dans l’après-midi, plusieurs centaines de manifestants anti-loi travail tentent de bloquer la voie rapide à l’issue de la manifestation partie du centre-ville. En guise de dissuasion, les policiers décident purement et simplement de donner l’assaut sur la foule… en véhicule mobile ! Cinq personnes ont été prises en charge par les pompiers et conduites à l’hôpital. Un nouveau seuil est franchi dans la répression à Rennes, vraie laboratoire de la politique de répression gouvernementale.

Des 1200 manifestants partis du centre-ville réunis vers 13 heures devant la préfecture, 300 sont partis en direction de la rocade pour mener une action de blocage en soutien aux grévistes et en signe de contestation de la loi travail. Pour les empêcher, quatre à cinq véhicules de police ont foncé sur les manifestants, lâchant par les fenêtres du gaz lacrymogène, ne s’arrêtant qu’une fois avoir dépassé la foule. Sortis des véhicules, les CRS ont profité du climat de panique généralisée pour poursuivre les manifestants à grands coups de matraques. Actuellement, cinq manifestants, des étudiants pour la plupart, ont été pris en charge par les pompiers et emmenés aux urgences hospitalières.

Rennes est depuis plusieurs semaines un laboratoire de la répression gouvernementale. Bouclage du centre-ville, tir de flash-ball ayant causé la perte d’un œil à un jeune étudiant de géographie, acharnement à l’encontre d’Hugo Melchior, militant actif dans l’organisation de la mobilisation sur Rennes, avec pour la troisième fois la déposition d’une interdiction de séjour dans le centre de Rennes… Avec la charge des véhicules de police sur les manifestants, la répression passe donc un nouveau seuil. La police n’hésite plus à s’en prendre à la vie des manifestants et en les mettant clairement en danger. L’impunité policière, couverte par la justice et le gouvernement, donne des ailes aux forces de police.

A bas la police qui tue, un gouvernement qui cautionne et sa justice qui acquitte.