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Monde

Toujours plus fort pour Matteo Salvini

L’extrême droite italienne veut retirer son escorte policière à Roberto Saviano

Auteur à succès, connu pour avoir dénoncé les agissements de la Camorra, la mafia napolitaine, et ses liens multiples avec le monde des affaires et de la politique, Roberto Saviano, le père de « Gomorra », est sous escorte policière depuis 2006 à la suite des menaces de mort formulées à son encontre par le clan des Casalesi. Jamais à court de bonnes idées, le nouveau ministre de l’Intérieur italien, homme fort du gouvernement, Matteo Salvini, a suggéré de lui retirer sa protection policière.

Crédits photo : Phil Toledano

C’est en direct, à la radio, jeudi, que Matteo Salvini, le leader d’ultra-droite italienne, chef de file de la Ligue et actuel ministre de l’Intérieur et vice-Président du conseil, a suggéré de retirer à Saviano son escorte policière. C’est pourtant sous protection permanente de la police que l’auteur à succès vit depuis 2006, à la suite de la publication de Gomorra, dont Matteo Garrone a tiré un film, et après avoir dénoncé les affaires dans lesquelles trempe notamment le clan des Casalesi, l’une des familles les plus en vue de la mafia napolitaine.

Saviano est dans la ligne de mire du chef de l’ex Ligue du Nord, connue pour ses positions anti-Mezzogiorno et ses propos racistes contre les Italiens du Sud, pour avoir pris fait et cause pour les migrants, l’autre bête noire de Salvini. L’auteur n’a pas tardé à réagir en traitant à son tour le néo-ministre de l’Intérieur de « bouffon », rôle qu’il surjoue effectivement à merveille, tout en étant parfaitement conscient des propos qu’il tient.

Le nouveau gouvernement italien, alliant l’extrême droite aux populistes du Mouvement Cinq Etoiles, n’en finit pas de multiplier les outrances verbales et les propos ultraréactionnaires à caractère raciste, anti-migrants, anti-Rroms, homophobes et nationalistes ayant fait le lit, il y a quinze jours, de l’assassinat d’un jeune militant syndical , ouvrier agricole malien travaillant dans les champs d’oranges et de tomates de Calabre. Reste à voir combien de temps les travailleurs et la jeunesse d’Italie continueront à tolérer de pareils personnages à la tête du pays.




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