Notre classe

Une justice de classe appelle une solidarité de classe

Montpellier. Appel à l’unité pour le rassemblement de soutien au Goodyear de demain soir

Publié le 18 octobre 2016

Alors que le procès en appel des 8 salariés de Goodyear débute demain, la solidarité s’organise un peu partout en France. A Montpellier, face à l’absence de tout appel syndical, des initiatives sont prises dès le milieu de la semaine dernière par l’AG populaire Nuit Debout afin d’organiser un rassemblement le plus large possible. Cette démarche a donné lieu à un appel à rassemblement demain soir à 18h devant la préfecture, diffusé dès samedi sur les réseaux sociaux, et relayé à la fac auprès des étudiants. Mais à cette initiative est venue s’ajouter celle de l’UD CGT 34 qui, bien que contactée et au courant de ce premier appel, a diffusé hier soir son propre appel à rassemblement, à 12h, donc en contradictoire avec l’appel de l’AG populaire. Pourtant, face à la répression, l’heure est plus que jamais au rassemblement des forces : le retrait de ce second rassemblement et une fusion des deux rendez vous sont nécessaires pour montrer que nous sommes tous unis derrière les Goodyear !

Jaque Mate et Dom Thomas

Organiser la solidarité avec les Goodyear

Mercredi et jeudi se tient à Amiens le procès en appel des 8 salariés de Goodyear condamnés à 24 mois de prison, dont 9 fermes, pour avoir lutté contre les licenciements et la fermeture de leur usine entre 2007 et 2014. Une lutte exemplaire et emblématique de toute une génération ouvrière qui a refusé de laisser les patrons leur faire payer la crise. La condamnation à des peines de prison ferme en est la preuve : l’Etat et les capitalistes ne sont pas prêts à laisser ces syndicalistes combatifs nous montrer la voie à suivre !

Un peu partout en France, des cars ont été organisés pour monter à Amiens. En parallèle, des rassemblements locaux sont organisés pour ceux qui n’ont pas la possibilité de se rendre sur place. C’est dans cet objectif que des démarches ont été entamées à Montpellier dès le milieu de la semaine du 10 octobre, pour savoir si une initiative était déjà en cours d’organisation et pour proposer d’organiser collectivement un évènement de soutien aux Goodyear.

Face à l’absence de tout appel syndical, un appel à rassemblement impulsé par l’AG populaire Nuit Debout a été diffusé sur les réseaux sociaux ainsi que sur le site Nuit Debout Montpellier, et relayé aux différents militants syndicaux sollicités en amont. Le rendez-vous a été fixé à 18h mercredi devant la Préfecture.

Pourtant l’UD CGT 34, et ce bien que l’UL CGT ait été contactée et mise au courant de l’initiative, a publié hier soir son propre appel à rassemblement, fixé à midi à la Préfecture également – qui vient ainsi en contradictoire avec celui déjà proposé par Nuit Debout, soutenu notamment par le NPA et la CGA.

Une démarche en opposition à un rassemblement de soutien unitaire

Cette action de l’UD CGT 34 a été annoncée tardivement, et sans avoir cherché à proposer une démarche de construction collective sollicitant l’ensemble des participants issus des luttes de ces dernier mois contre la loi travail et son monde : au contraire même, les différentes sollicitations envoyées depuis la semaine dernière sont restées lettre morte. L’annonce de ce rassemblement s’inscrit ainsi dans la logique qui avait déjà poussé l’UD CGT à diviser le cortège lors de la manifestation du 15 septembre dernier : alors que la jeunesse et Nuit debout démarraient leur marche, les camions syndicaux étaient restés immobiles sous la pression du SO CGT. Puis, au prétexte que quelques militants Solidaires, face à cette volonté d’obstruction du SO de la CGT avaient rejoint le cortège de tête, les dirigeants locaux de l’UD CGT avaient œuvré à maintenir la séparation entre les deux groupes et tenté à plusieurs reprise de reprendre la tête du défilé, sollicitant même l’aide des forces de l’ordre.

Ces actions doivent être dénoncées avec virulence pour qu’elles ne se reproduisent pas. Les syndicats sont des outils centraux de la lutte pour les droits des salariés ; mais lorsque les directions locales ou nationales agissent à l’encontre des intérêts de ceux qu’ils sont censés défendre, dans le but de s’opposer à toute tentative d’auto-organisation au sein du mouvement social, il faut être en mesure de s’y opposer.

Face au tournant bonapartiste du gouvernement, qui manie la matraque contre les travailleurs, les militants, la jeunesse et les classes populaires, l’unité de l’ensemble des exploités et des opprimées est plus que jamais la condition indispensable pour pouvoir apporter une réponse à la hauteur des attaques subies !

Tous ensemble derrière les Goodyear !

L’échéance des 19 et 20 octobre est une étape cruciale des luttes contre la répression qui sévit contre tous ceux qui se sont battus pour s’opposer à la destruction du code du travail et à la généralisation de conditions de travail toujours plus favorables au patronat. Si les raisons de se rendre à Amiens ne manquent pas, les rassemblement locaux organisés partout en France sont une preuve de la solidarité de notre classe : on ne doit pas laisser des divisions entacher ce genre d’initiative. Nous appelons l’UD CGT 34 et tous les militants et syndicalistes concernés à agir pour permettre la fusion de ces deux rassemblements afin de se retrouver tous ensemble à 18h devant la Préfecture pour témoigner notre soutien aux 8 de Goodyear.