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Notre classe

Qui sont les vrais privilégiés ?

SNCF. Pièce de théâtre et répression 

Alors que l’affaire Benalla bat de son plein, à la SNCF les conseils disciplinaires et les sanctions pleuvent suite à 3 mois de conflit très chaud ! Il y en a qui sont payés pendant leur mise-à-pied, pendant que d'autres sont carrément licenciés pour avoir fait grève... Un deux poids, deux mesures qui devient insupportable !

Aujourd’hui peut-on vraiment dire encore que les cheminots sont privilégiés ? Pendant qu’Alexandre Benalla exprime tranquillement son plaidoyer sur le 20h de TF1, à la SNCF les sanctions et conseils de disciplines sont devenus monnaie courante, comme le prix à payer après 3 mois de conflit.

De plus en plus d’entretiens disciplinaires se déroulent durant cet été, avec des cas scandaleux et joués telle une pièce de théâtre aux cas les plus injustes sanctionnant des cheminots qui ont juste fait leur travail mais accusés de « vouloir nuire à la SNCF ». Entre faux témoignages, réalité modifiée voire même mauvaise interprétation volontaire de propos, tout est bon pour la direction afin de sanctionner et réprimer les cheminots grévistes. Un fumigène allumé en manifestation, vaut-il la radiation ? Avoir signalé la présence d’un agent de police sur les voies en appliquant la réglementation avec des preuves fournies par la police elle-même vaut-il la radiation ? Apparemment pour la direction de la SNCF « Oui », avec une détermination à calmer et refroidir les ardeurs de ceux qui se sont montrés les plus combatifs. Aucun mal à briser des vies, des radiations et des sanctions votées à la pelle avec facilité déconcertante. 

Répression anti-syndicale et méthodes de management agressif devenus monnaie courante à la SNCF

Les nombreux cas de répression anti-syndicale et pour faits de grève vont de paire avec des méthodes de management agressif que l’on voit souvent dans les entreprises privées et qui sont de plus en plus en vogue au sein de la SNCF. Cela fait partie des transformations que la direction veut mettre en place, laissant le plus loin possible derrière nous tout ce qui pourrait encore faire que la SNCF se ressemble un tout petit peu à une entreprise de service public. 

C’est une véritable politique managériale à la "France Télécom" qui est à l’oeuvre aujourd’hui à la SNCF, avec discriminations pour travailleur handicapé ou encore appartenance religieuse à la clé. L’objectif est clairement celui de faire taire toute tentative de contestation à la politique de casse du service public menée par la direction et le gouvernement. Ces méthodes ne cessent de broyer des vies, derrières lesquelles ce sont des familles entières qui sont touchées, lorsque cette répression finit en licenciement, ou encore des cas plus extrêmes allant jusqu’au suicide, comme ce fut le cas de notre camarade Edouard Postal en mars 2016.

Mais que font les cheminots et les syndicats pour affronter une telle répression ?

Beaucoup de rassemblements de soutien ont eu lieu la plupart du temps sur appel des Organisations Syndicales, mais avec très peu d’unité entre celles-ci (pour rappel l’UNSA et la CFDT sont sorties de ce conflit et refusent de se mobiliser durant l’été sur le pacte ferroviaire, et encore moins sur la question de la répression). Pourtant, tous les cheminots sont logés à la même enseigne, les syndicats se contentent de défendre leurs propres syndiqués sauf quelques exceptions. La nécessité pour les cheminots de s’organiser et de lutter contre ce type de répression, injuste et dangereux, qui attaque le droit de grève, se fait ressentir. Mais avec des syndicats divisés dans la lutte, la fameuse unité syndicale semble désormais lointaine comme si elle n’avait en fait finalement jamais existé.

Pourtant la majorité des cheminots sont déterminés à lutter contre cette violence punitive, répressive et injuste. Une majorité est sur la même longueur d’onde : il faut soutenir TOUS les collègues qui subissent cette répression et peu importe les étiquettes. De nombreux collègues se sentent en effet concernés par cet acharnement à l’encontre des cheminots et cherchent à se donner les moyens de le contester et de soutenir leurs camarades, quelque soit leur étiquette syndicale. Alors que souvent les organisations syndicales appellent chacune dans son coin à des rassemblements pour défendre leurs syndiqués, les cheminots sont de plus en plus conscients que l’on peut se battre et s’unir sous une bannière cheminote. En réalité, les cheminots sont très nombreux à espérer que les organisations mettent de côté leurs divergences lorsqu’il s’agit de défendre des collègues poursuivis par la direction, qu’ils soient syndiqués ou non.

Une chose est sûre pour les cheminots la lutte continue et ceux-ci refusent de payer le prix de la grève en plus des retenues abusives de salaire. La mobilisation contre le pacte ferroviaire et son application concrète doit et va continuer, et la direction cherche à affaiblir le camp de ceux qui contestent sa politique avec des centaines de cheminots menacés de sanctions diverses et variées. Face à cela, nous devons riposter tous ensemble ! Le mot d’ordre que l’on doit tous porter est simple : S’ils touchent à l’un d’entre nous, c’est nous tous qui sommes attaqués, peu importe les étiquettes ! Tous cheminots, tous concernés !




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