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14 ans de confinement à Gaza : tout est réuni pour une catastrophe sanitaire

Cela fait 14 ans que Gaza est sous blocus israélien et égyptien. Le Coronavirus a contaminé une dizaine de personnes dans cette prison à ciel ouvert. Une situation qui peut vite dégénérer et engendrer une véritable hécatombe.

jeudi 2 avril

Crédit photo : Adel Hana / The Associated Press

Il y aurait plus d’une dizaine de cas de Coronavirus à Gaza. L’épidémie se serait propagée après le retour de religieux qui avaient été autorisés à se rendre au Pakistan pour un pèlerinage. Il pourrait y avoir beaucoup plus de cas, mais très peu de test ont été effectués.

Pour l’instant, avec une dizaine de cas sur plus de 2 millions d’habitants, on pourrait considérer la situation comme gérable. Mais la bande de Gaza où la densité de la population est l’une des plus importantes du monde risque de devenir le théâtre d’une véritable catastrophe très rapidement, au vu de la situation économique et sociale.

Cela fait 14 ans que la bande de Gaza est soumise à un blocus criminel par l’État israélien et l’Égypte. Les hôpitaux ont été la cible d’attaques aériennes par l’aviation israélienne ces dernières années. Le blocus a empêché la reconstruction totale de toutes les infrastructures. Les 2 millions de gazaouis qui vivent dans ces 365 km² n’ont quasiment pas accès à l’eau potable : 90% de l’eau n’est pas consommable. Du fait du blocus, la bande Gaza n’a que 4 à 6 heures d’électricité par jour. Difficile dans ces conditions de faire touner correctement les hôpitaux dont la plupart fonctionnent au fioul. Fioul qui rentre lorsque l’État israélien le souhaite. 80 % de la population dépend de l’aide humanitaire de l’UNRWA, qui a drastiquement baissé depuis que Trump a décidé de réduire la participation états-unienne.

Les médicaments de base manquent cruellement. 40 % des médicaments essentiels sont introuvables d’après l’ONU. Il n’y aurait que 96 respirateurs et 60 lits en soins intensifs pour les 2 millions d’habitants. En cas de multiplication des cas, les personnels hospitaliers ne pourront faire face. D’autant plus, que le manque de médecins est criant. Selon l’ONU, depuis 2018 et l’ouverture d’un point de passage vers l’Égypte, au moins 150 médecins ont quitté Gaza alors qu’il en manquerait 1000. Toujours selon l’organisation internationale, il n’y aurait que 700 équipements de protection pour les soignants.

Des usines gazaouies se sont lancées dans la production de masques et blouses jetables. La Libre explique ainsi que « les employés de Queen Tex respectent les standards internationaux pour assurer une qualité maximale à leurs produits, mais ils manquent de matériaux, avec pour résultat seulement 1.000 combinaisons sorties de l’usine jusqu’à présent ». En effet, soumis au blocus, les matières premières arrivent au compte goutte. Alors que la situation de Gaza est entièrement due au colonialisme israélien, les usines produisent pour l’État israélien. Hassan Shehata, codirecteur de l’usine Hasanco, explique dans l’article que « des entreprises israéliennes [leur] ont envoyé du tissu (la semaine dernière) pour produire des masques médicaux », « ils ont besoin de millions de masques, nous voulons en produire trois millions. »

COVID-19 à Gaza est synonyme d’un drame. La faute au colonialisme israélien

Après un blocus de 14 ans, la situation est catastrophique, des coupures de courant incessantes, des hôpitaux ravagés et débordés par les attaques israéliennes, notamment chaque vendredi depuis deux ans avec les Grandes Marches du Retour. En deux ans Tsahal a fait plus de 200 morts et 8000 blessés. L’État israélien est responsable et sera responsable des milliers de morts si le COVID-19 se propage à Gaza mais aussi en Cisjordanie et dans les camps de réfugiés. Il n’y a pas assez de personnels, de lits, d’appareils, d’équipement de protections, de médicaments pour contenir une épidémie.

Le colonialisme israélien empêche d’importer de nouveaux équipements ou même des pièces pour réparer, d’importer des médicaments et des équipements de protection, de l’électricité ou encore du fioul. La quarantaine est quasiment impossible à faire respecter dans l’enclave tant la détresse économique est forte. Beaucoup survivent grâce à la pêche et l’agriculture et la région connaît un véritable chômage de masse. Les Gazaouis ne peuvent se passer du peu de revenu qu’ils parviennent à se procurer.

De plus, le processus est géré par le Hamas qui a interdit les rassemblements, les mariages, les réunions. Les écoles et les universités, mais aussi les mosquées, ont été fermées. Le Hamas, son idéologie réactionnaire perdant de son assise sur la bande de Gaza, ne peut assurer la protection des Gazaouis. Ils sont sur le point d’achever deux centres de confinement de 1 000 places au point de passage avec l’Égypte, et un autre à Erez, point de passage vers l’État israélien. Des milliers de volontaires décontaminent les rues.

Mais tant que le blocus aura lieu il sera quasiment impossible de gérer la pandémie. L’État israélien le sait bien et effectue un affreux chantage. En échange de la dépouille de deux soldats israéliens disparu depuis 2014, ils s’engagent à aider le peuple de Gaza. Mais dans les faits, l’État israélien ordonne la confection de masques pour les Israéliens dans Gaza et pas pour le peuple palestinien. Depuis 62 ans, la colonisation israélienne a montré que le peuple palestinien ne peut lui faire confiance. Afin de limiter l’hécatombe qui s’annonce, il faut lever immédiatement le blocus sur Gaza afin d’acheminer des médicaments, des tests, des équipements de protections et de soins mais cela ne peut se faire sous la responsabilité de l’État israélien ou du Hamas qui n’ont que faire des intérêts du peuple palestinien.




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