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Monde

Triomphalisme et décadence

1989-2017. D’un Mur à l’autre

jeudi 26 janvier 2017

La chute du Mur de Berlin en 1989 symbolise la victoire du capitalisme dans la Guerre Froide. Le capitalisme a effectivement gagné. Pas contre le socialisme. Plutôt contre sa déformation-falsification par des bureaucraties staliniennes. Une période de triomphalisme capitaliste s’était ouverte à travers le monde également. Et cela avec grande arrogance. Le capitalisme était devenu synonyme de « démocratie et de liberté ». Peu importe si des acquis durement et, parfois, héroïquement arrachés par les travailleurs ont été liquidés à une vitesse inouïe. C’était pour le progrès, pour la paix, pour la démocratie et la liberté. Le Mur est tombé. Et c’est la version ultra néolibérale du capitalisme qui s’est imposée.

Oui, un mur réactionnaire est tombé. Mais d’autres ne sont jamais tombés. D’autres ont même été érigés depuis. Le capitalisme triomphaliste c’est vrai. Mais ni progrès, ni paix, ni liberté et encore moins de démocratie on a vu. En tout cas pas pour les exploités. Car les riches, eux, ont été libres comme jamais de s’enrichir à outrance. Libres d’exploiter tout le monde, partout. Et c’est à coups de guerres qu’ils nous ont vendu la paix. L’arnaque s’est incarnée dans la "démocratie". Et quand l’arnaque démocratique signifiait trop de contraintes, ce sont les dictateurs qui nous ont été présentés en démocrates.

Leur victoire a été énorme. Notre défaite aussi. Mais dans un monde où des Murs tiennent, les masques tombent quand même. La crise. Aujourd’hui, le discours triomphaliste néolibéral n’est plus ce qu’il était. Les coordonnées du monde de post-Guerre Froide changent. Il y a des reconfigurations. Le discours triomphaliste néolibéral est en crise mais ce n’est pas le socialisme qui relève la tête. En tout cas pas pour le moment. Les masses se sont soulevées. Ont renversé des « dictateurs-démocrates ». Cela n’a pas suffi. Et quand il y a un vide, un espace politique, il le reste rarement longtemps. Ce sont des tendances très réactionnaires qui veulent s’y engouffrer. Et le capitalisme reste toujours gagnant.

Les États Unis, principale puissance impérialiste victorieuse dans la Guerre Froide, terre du triomphalisme capitaliste des néfastes années 1990, voient aujourd’hui les conséquences de la crise du triomphalisme néolibéral. Donald Trump président. Nationalisme. Protectionnisme. Démagogie. Construire un mur à la frontière avec le Mexique. L’idée n’est ni nouvelle, ni originale. Elle est aberrante. Comme la politique impérialiste de Trump : notre Mur, le Mexique devra le payer ! Et sa construction démarrera très rapidement.

L’impérialisme arrogant et agressif de Trump fera sans aucun doute renaitre toute une génération de politiciens serviles dans les pays de la périphérie capitaliste. Mais l’arrogance impérialiste ne manquera pas de réveiller un profond sentiment anti-impérialiste parmi les exploités et les opprimés à travers le monde.

D’un symbole international à un autre. D’une période à une autre. De la chute d’un mur à la construction d’un autre. Seul le cynisme persiste. Le capitalisme gagne, on le voit. Les exploiteurs et les oppresseurs gagnent. Mais ils ne dorment pas tranquilles. Ni les murs, ni leurs frontières et barbelés ne les protègeront longtemps. Le capitalisme gagne, les bourgeois gagnent. Pour le moment...




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