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Notre classe

Lutte contre le décret socle du rail

20 000 cheminot-es dans la rue, à quand la reconductible ?

Arthur Nicola A l’appel des syndicats cheminots, près de 20 000 cheminots de toute la France sont montés sur Paris aujourd’hui pour manifester leur colère face à un gouvernement qui cherche à leur imposer un décret socle et une nouvelle convention collective, synonymes de précarité pour les travailleurs du rail.

mardi 10 mai 2016

Rassemblées à 11h30 devant Montparnasse l’ambiance était plutôt festive, mais une question traversait tous les esprits : à quand la grève reconductible ? Alors que les Cheminots Debout diffusaient largement avec les étudiants un tract « Cheminots Debout pour la grève reconductible », la question était largement débattue dans tous les cercles ici rassemblés.

Cependant, il est clair que les directions syndicales du rail n’avaient pas les mêmes préoccupations : Gilbert Garrel, secrétaire général de la fédération CGT cheminots rappelait dans son intervention que la reconductible n’était pas pour aujourd’hui, proposant seulement des grèves de 24 heures jusqu’au 1er juin. Face à des cheminots qui cherchent de plus en plus à construire la reconductible dans leurs gares et technicentres, Garrel ne voit alors les grèves que comme des « points d’appui » pour construire la mobilisation à partir de juin. La date de la grève reconductible est sans cesse repoussée : alors qu’elle était annoncée pour le 17 avril, elle est aujourd’hui repoussée au 1er juin : beaucoup d’amertume se ressent dans les rangs cheminots, face à une direction syndicale qui fait la sourde oreille.

Alors que les cheminots sont mobilisés depuis le 9 mars sur les questions de précarité, il a encore refusé de créer la convergence avec les étudiants, lycéens, intermittents et travailleurs sur la base de l’opposition à la loi travail, dont le décret socle constitue, peu ou prou, une des variantes adaptées à l’entreprise publique. Sur la question de la convergence avec les autres secteurs en lutte, les syndicats avancent encore et toujours la question de « l’invisibilisation de lutte » qu’entraineraient des grèves communes avec les travailleurs, en avançant l’argument que la CFDT et l’Unsa ne sont pas mobilisées contre la loi-travail, alors qu’ils le sont contre le décret-socle – mais pour combien de temps ? Autant de facteurs de dispersion qui vont à l’encontre du « tous ensembles » qui permettrait de faire reculer le gouvernement et le patronat sur les lois de précarité.

La manifestation est ensuite partie de Montparnasse à 13h, en direction du Ministère du Travail. Les forces policières en présence ont cependant empêché que la destination soit atteinte, et le cortège s’est donc arrêté avenue de Trouville. Alors que la tête de cortège CGT se dissolvait petit à petit, SUD Rail a décidé de ne pas céder face aux intimidations policières, et de prendre la direction du ministère du travail. Finalement, les CRS les ont bloqué, puis gazé, menaçant de les nasser. Cette stratégie de criminalisation des mouvements sociaux semble atteindre ses limites : de plus en plus de travailleur-se-s ne sont plus dupes face aux stratégies du gouvernement, qui réprime aveuglément.




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