×

Grande distribution

6 000 emplois menacés et un potentiel PSE : la casse sociale se précise chez Casino

Le groupe de distribution Casino est en passe d’être repris presque totalement par un consortium composé des milliardaires Daniel Kretinsky et Marc Ladreit de Lacharrière (Auchan et Intermarché). Une reprise qui va se faire au prix d’une casse sociale d'une ampleur inédite.

Augustin Tagèl

8 février

Facebook Twitter
6 000 emplois menacés et un potentiel PSE : la casse sociale se précise chez Casino

Crédits photo : Abdoucondorcet

Les négociations autour du rachat des enseignes de Casino, qui compte 50 000 salariés en France, par le consortium Kretinsky, Ladreit de Lacharrière et le fond britannique Attestor commencent à prendre forme concrètement. Comme nous l’annoncions dans un précédent article d’analyse de la situation, un plan de sauvegarde de l’emploi a finalement été annoncé. Des « plans de départ volontaires », soit la méthode choisie pour tailler dans les effectifs, seront lancée dans la période à venir ont promis les représentants du consortium patronal. En d’autres termes, les menaces qui planait sur les emplois prennent brutalement forme. Alors que 1 000 personnes étaient déjà menacées fin 2023, l’intersyndicale estime maintenant que ce sont 6 000 salariés qui pourraient perdre leur poste.

Au-delà des effets d’annonce de la direction du consortium sur « l’accompagnement social des salariés », le scandale d’une aussi grosse casse sociale ne laisse aucun doute : les salariés seront accompagnés vers la sortie. C’est ce que dénonce notamment le comité social et économique (CSE) de l’entreprise, qui trouve inexistant le « volet social » du plan. De son côté l’intersyndicale du groupe, qui dénonçait dans nos colonnes la dégradation des conditions de travail de l’ensemble des salariés et avertissait sur les « licenciements et les départs forcés », poursuit les négociations pour obtenir des indemnités supérieures au minimum légal pour le plan de départ volontaire. L’accord de méthode qui concrétisera le plan annoncé devrait être finalisé le 21 février.

Des inquiétudes se poursuivent cependant, notamment au sujet du siège de Casino à Saint-Etienne, qui supervisait les fonctions supports de l’ensemble du groupe. Une fois les magasins intégrés aux groupes Auchan ou Intermarché, le risque d’une liquidation de ce siège comptant 1 200 emplois est grand. De même pour la filiale logistique, comprenant 2 000 salariés, qui n’a aucune garantie de continuité une fois les accords avec le consortium finalisés. Il en va de même pour les enseignes non reprises, dont la fermeture prochaine pèse comme une épée de Damoclès, à l’image du Casino de la galerie marchande de Saint-Michel sur Orges, dans le 91, une « catastrophe » pour les habitants.

Ainsi, le rachat de Casino va engendrer une casse de l’emploi record, sur le dos des salariés, et ce, malgré les belles paroles du ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, qui avait annoncé être mobilisé sur le sujet. Mobilisé à répondre aux intérêts des milliardaires, sans aucun doute. Alors que les salariés se retrouvent massivement plongés dans l’incertitude et la tourmente, par la seule faute de la gestion calamiteuse du président de Casino, qui a cumulé plus de 7 milliards de dettes, tout en continuant à verser des dividendes aux actionnaires selon l’intersyndicale, il faut défendre un programme clair.

Face à la casse sociale, il est tout d’abord urgent d’interdire les licenciements et de répartir le temps de travail pour que chaque travailleur ait un emploi. Plus largement, face à des propriétaires toujours plus voraces, la nationalisation sans rachat, sous contrôle des travailleurs de l’ensemble des entreprises menacées de fermeture est le seul moyen d’arriver à une gestion des entreprises dans l’intérêt des salariés. Les travailleurs ne doivent pas payer la crise !


Facebook Twitter
Roissy. Première victoire : une centaine de grévistes sans-papiers obtiennent des autorisations de séjour

Roissy. Première victoire : une centaine de grévistes sans-papiers obtiennent des autorisations de séjour

Répression chez InVivo : 120 syndicats apportent leur soutien à Christian Porta, délégué CGT

Répression chez InVivo : 120 syndicats apportent leur soutien à Christian Porta, délégué CGT

Poursuite de la grève à Neuhauser : « 200 000€ de frais d'huissiers mais pas d'augmentation ! »

Poursuite de la grève à Neuhauser : « 200 000€ de frais d’huissiers mais pas d’augmentation ! »

Toulouse. 3 salariés de GSF-Propreté licenciés après avoir dénoncé du racisme à la Cité de l'espace

Toulouse. 3 salariés de GSF-Propreté licenciés après avoir dénoncé du racisme à la Cité de l’espace

Grève des aiguilleurs les 23 et 24 février : les salaires continuent d'attiser la colère cheminote

Grève des aiguilleurs les 23 et 24 février : les salaires continuent d’attiser la colère cheminote

Montpellier. Dans le travail social, une semaine de grève et mobilisation contre le manque de moyens

Montpellier. Dans le travail social, une semaine de grève et mobilisation contre le manque de moyens

Vague de faillites d'entreprises en Europe : un record depuis la crise de 2008

Vague de faillites d’entreprises en Europe : un record depuis la crise de 2008

Forvia, géant de l'automobile, supprime 10 000 postes pour payer ses actionnaires

Forvia, géant de l’automobile, supprime 10 000 postes pour payer ses actionnaires