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Résultats du 3ème trimestre

9,9 milliards de bénéfices pour Total : « dans ce groupe, l’argent revient toujours aux actionnaires »

Pour son troisième semestre 2022, Total annonce à nouveau des profits exceptionnels, avec des bénéfices de 9,9 milliards de dollars pour le seul trimestre.

jeudi 27 octobre

Crédit photo : Christophe Archambault / AFP

L’annonce était attendue chez les grévistes de Total : ce 27 octobre, le groupe devait publier ses résultats trimestriels, qui ont une nouvelle fois crevé les plafonds. L’entreprise, par voie de communiqué, a ainsi annoncé un résultat net de 6,6 milliards de dollars pour le troisième trimestre. Un chiffre qu’ont repris de nombreux médias alors que 3,1 milliards de dollars ont été mis « en provision » face aux risques énergétiques liées à la crise en Russie. Des milliards mis à la banque en somme, mais qui ne disparaissent pas. Les bénéfices avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissements (Ebitda), c’est à dire les bénéfices totaux de la société, s’élèvent eux à 19,4 milliards de dollars.

C’est ce que dénonce Alexis Antonioli, secrétaire général de la CGT Total Normandie : « Cette annonce est fausse : ce n’est pas 6,6 mais 9,9 milliards de bénéfices qu’il faut regarder, parce que la direction passe des provisions et des dépréciations d’actifs pour abaisser son niveau apparent de bénéfices. Ce qu’on voit aujourd’hui c’est qu’en trois trimestre on en est à 28,6 milliards de fric remonté dans les poches de Total. Ils doivent absolument reverser une partie de cet argent aux salariés et c’est pour ça qu’on est toujours dans la lutte ». Des profits si importants que même la presse économique a du reconnaître ce niveau si haut de profits : une « performance stratosphérique » : voilà comment La Tribune a présenté ces profits records.

Pendant ce temps, la grève continue chez Total, sur les deux sites de Feyzin (Rhône) et Gonfreville l’Orcher (Seine-Maritime), et l’annonces de chiffre si élevés passent mal : « C’est quelque chose de complètement démesuré, quand on voit le vécu dans un site comme le notre, quand on voit les conditions de travail dans lesquels on est, les postes vacants, les difficultés à gréer l’ensemble des postes, c’est déconnecté totalement de tout ça et on voit bien qu’on est dans un groupe qui fait du cash comme jamais et que cet argent il ne revient jamais à l’outil de travail ni aux salariés, il revient toujours à l’actionnaire » dénonce Alexis Antonioli.

Des profits qui se sont avant tout construit sur la situation internationale et la guerre en Ukraine : la société met en avant pour expliquer ses bénéfices « l’augmentation des prix du pétrole et du gaz, des marges de raffinage et de la bonne performance des activités de négoce ». En d’autres termes, Total revendique sa politique spéculative de profiteur de guerre. Par ailleurs, le groupe s’est une nouvelle fois félicité de sa politique de pillage impérialiste, mettant en avant le démarrage de production « du champ d’Ikike au Nigéria, [du lancement] des projets Begonia en Angola et Fenix en Argentine ».

Dans ce contexte faste pour Total, l’entreprise a d’ailleurs annoncé le versement d’un dividende en décembre à ses actionnaires pour un total de 1,8 milliards d’euros, se félicitant de la bonne mise en application de sa politique de « retour à l’actionnaire de 35% à 40% dès 2022 ».



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