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Notre classe

Gilets jaunes et gilets rouges

A Martigues, CGT et Gilets jaunes manifestent ensemble lors de l’acte VIII

A Martigues (Provence) Gilets jaunes et gilets rouges "unis pour les mêmes combats".

lundi 7 janvier

C’est au rond-point du Chat noir, haut lieu de la contestation gilet-jauniste depuis le 17 novembre que se sont donné rendez-vous la CGT et les gilets jaunes de Martigues pour partir en manifestation à travers la ville.

Pour Yann Manneval, Secrétaire de l’union locale CGT, interwievé par La Provence, la rédaction d’un tract exigeant "le droit de travailler et de vivre dignement" et floqué du logo de la CGT et d’un gilet jaune, s’est faite "naturellement".
Ainsi, mêlant le rouge et le jaune, un millier de manifestant ont sillonné la Venise provençale ce samedi 5 janvier pour l’acte VIII des Gilets jaunes.

Alors que Martinez, le dirigeant de la CGT, n’a cessé de critiquer les Gilets jaunes et de se distancer de leur mouvement, la signature d’un tel tract n’a rien d’anecdotique. Avec ces revendications communes - suppression des taxes, rétablissement de l’ISF, hausse des salaires, des retraites et des minimas sociaux – elle donne un corps à tous les remous que la position du bureau confédéral suscite à la base depuis le mois de novembre.

Après un mois de mobilisation, la question de la structuration du mouvement se pose chaque jour d’avantage. De l’appel de Commercy à l’assemblée générale de Toulouse, la mise en place de cadres de coordination pour les Gilets jaunes entre eux, et entre les gilets jaunes et les autres acteurs du mouvement social est une question beaucoup plus ouverte aujourd’hui qu’au début du mouvement.

Interrogé par France Info pendant la manifestation, un Gilet Jaune estimait ainsi qu’ils auraient "plus d’impact avec les syndicats que [...] seuls". Mais l’apport de la CGT ne se réduit pas à gonfler les cortèges ou prêter un camion-sono. A vrai dire, les gilets jaunes n’ont pas besoin de ça. Ils envahissent Paris d’un seul clic et se promènent en Fenwick dans les ministères sans demander le mode d’emploi. Leur responsabilité est bien plus importante.

Alors que la contestation pose encore majoritairement la question d’un conflit entre les ultra-riches et le peuple, avec une définition avant tout "citoyenne" de la mobilisation, la CGT devrait soutenir le mouvement et peser de tout son poids pour qu’y soit discuté le rapport au grand patronat la relation capital-travail et introduire ainsi un discours de classe qui permette de trouver un débouché à la colère des gilets jaunes. Loin des phrases sentencieuses de Martinez qui déclarait au groupe Ebra ce 3 janvier que "la mobilisation aux ronds-points c’est bien, dans les entreprises, c’est mieux", c’est la démonstration de l’utilité du syndicat sur le terrain et de sa force de frappe qui permettra d’avancer sur la question de la grève. Il semblerait qu’à Martigues, la CGT locale l’ait bien compris




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