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Politique

Acte 20 à Bordeaux. Le maire déclare la ville « en état de siège »

Le nouveau maire de Bordeaux, Nicolas Florian a décrété pour l'Acte 20 la "ville morte", alors que des Gilets Jaunes de plusieurs villes ont prévus de venir manifester en Gironde, une occasion de renforcer la politique répressive contre la mobilisation.

vendredi 29 mars

Tentative de sommeil forcé après le réveil de la ville qu’on appelait La Belle Endormie, le nouveau maire de Bordeaux décrète "ville morte" pour cet Acte 20, qui devrait être le théâtre de "violences terribles de milliers de casseurs" envahissant les rues de Bordeaux. Ce que ne dit évidemment pas Nicolas Florian, c’est la violence inouïe du tournant répressif qu’ont constitué les nouvelles mesures pour mater la mobilisation des Gilets Jaunes dans la ville : pour l’Acte 18, des militants d’Attac et d’ANV/COP21 avaient été placés en garde à vue après avoir repeint une façade de savon noir, et la semaine d’après des Gilets Jaunes ont été interpellés dès le début de la manifestation. Une ville qui depuis le début du mouvement a été le lieu de scènes de violences policières et judiciaires.

La Mairie de Bordeaux a encore trouvé des prétextes pour renforcer toujours plus son dispositif policier. Vendredi 29 mars, France 3 a recueilli les propos de Nicolas Florian, qui se dit inquiet, et ne veut pas "pleurer" après un accident ; alors que la violence de la répression ne permet même plus de dénombrer les "accidents" commis par la police qui semble vouloir gagner le score des blessés et violentes interpellations. « Demain, on s’attend à une journée apocalyptique. J’appelle à une ville morte. Je demande aux commerçants de tirer leur rideau. Je suis très inquiet. Et j’invite les Bordelais à rester chez eux. Je préfère prévenir, je ne veux pas de drame humain. »

Des propos hypocrites, appelant aux commerçants à baisser les rideaux de leurs magasins, et aux bordelais à rester chez eux, d’un ton ridicule comme dans son post Facebook où il écrit « Le ton est grave mais notre ville se trouvera en état de siège. »

L’arrêté préfectoral a par ailleurs encore élargi les rues où il sera interdit de manifester comme à la place de la Victoire, nous reproduisons la carte faite par Sud Ouest qui résume les zones interdites :

En plus de ces annonces pour l’acte 20, une cellule spéciale gilets jaunes vient d’être lancée à Bordeaux, installée dans les locaux de l’hôtel de police : c’est une cellule qui a déjà, depuis le 2 janvier, identifié "32 fauteurs de troubles particulièrement violents" et interpellé ensuite. Par les sources des réseaux sociaux, cette cellule attend des milliers de manifestants "casseurs" pour l’Acte 20, et préparent un nouveau tour de force de la répression pour mettre à bas la mobilisation des Gilets Jaunes qui, malgré l’extrême violence de la police, restent déterminés et continuent de défiler dans les rues contre ce gouvernement. Un premier rendez-vous est donné par différentes organisations à 11h : "Pour la liberté de manifester", rue Vital Carles, ensuite le rendez-vous classique place de la Bourse, a partir de 13h !

Crédit photo : Astrid.Lag.Photographe




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