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Acte 38. Après la mort de Steve, la colère résonne dans tout le pays

Alors que le corps de Steve a été retrouvé dans la Loire, des milliers de manifestants sont descendus dans les rues ce samedi pour exiger justice pour Steve et pour tous les blessés, mutilés et tués par la répression policière. Pour toute réponse, les forces de répression ont fait usage d’un impressionnant déferlement de violence, tout particulièrement à Nantes, à grands renforts de canons à eau, grenades et flashballs.

samedi 3 août

Alors que le 31 juillet un rassemblement en hommage à Steve avait été violemment réprimé, le gouvernement et les forces de répression à ses ordres continuent à chercher à faire taire la contestation. Tandis que de nombreuses marches ont été appelées ce samedi - pour exiger justice pour le jeune nantais, mort noyé suite à une charge de la police le soir de la Fête de la musique, mais aussi pour les blessés, tués et mutilés par la répression policière - coïncidant avec l’acte 38 des Gilets jaunes, un déferlement de violences policières s’est abattu sur les manifestants, et tout particulièrement à Nantes même.

Dans la ville où Steve est décédé, la préfecture de Loire-Atlantique est allée jusqu’à interdire la marche blanche appelée ce samedi. Interdiction scandaleuse, que nombre de manifestants ont bravé, malgré le risque de répression, pour exiger vérité et justice autour de la mort du jeune homme, et crier leur rage. Un appel suivi dans de nombreuses autres villes, réunissant à chaque fois plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de manifestants.

A Toulouse, ce 38ᵉ acte des Gilets jaunes intitulé « Après Steve, à qui le tour ? » a été marqué par un regain de mobilisation, et les manifestants ont essuyé des tirs de gaz lacrymogènes en plein centre-ville. Nombre d’entre eux étaient par ailleurs munis de parapluies, en solidarité avec les mobilisations qui secouent Hong-Kong depuis de nombreuses semaines.

À Paris, plusieurs centaines de manifestants révoltés contre les violences policières et la mort de Steve ont fait reculer une voiture de police qui cherchait à forcer le passage dans la manifestation.

Dans d’autres villes de plus petites tailles, la mobilisation a également connu un nouveau rebond, en termes de nombre et de dynamisme, malgré les vacances, à l’instar de Chambéry où les manifestants ont établi un lien clair entre la répression à l’origine de la mort de Steve et la mort de Lakdhar Bey – tué par la police au cours d’une opération visant à l’expulser.

Mais c’est à Nantes que la manifestation a réuni le plus de monde et où les forces de répression ont usé d’un déferlement de violence particulièrement impressionnant. Canon à eau, matraques, grenades et flashballs étaient de sortie, pour réprimer les milliers de manifestants endeuillés, dans une énième insulte à la mémoire de Steve.

Tout au long de la journée, les policiers tentaient de faire taire les slogans tels que « Police partout justice nulle part », « La police fait son travail : ça crève les yeux » ou « La police mutile, la police assassine » à grands coups de gaz lacrymogènes, mettant en place des nasses autour des manifestants, même quand cela impliquait de gazer un parc où jouaient des enfants.

De nombreux manifestants ont été visés au flashball à hauteur de visage.

Ces nouvelles provocations policières démasquent un peu plus le gouvernement, qui n’a d’autre réponse à apporter à la colère de milliers de personnes suite à la mort de Steve qu’une répression féroce et une violence d’État sur tous les plans.

Crédit photo : JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP.




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