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Politique

Retour à la case départ pour Macron ?

Acte XIX : la guerre psychologique contre les Gilets Jaunes n’aura pas marché

Le dispositif sécuritaire déployé à l'aune de l'acte XIX des Gilets Jaunes montre la volonté du gouvernement de mettre en scène le retour à l'ordre après la déconvenue du samedi 16 mars sur les Champs-Elysées à Paris. Cette opération de communication autour de la surenchère répressive vise, bien au-delà des soi-disant casseurs, à faire plier les Gilets Jaunes, et par là à intimider l'ensemble du mouvement social. Preuve que la guerre psychologique n’aura pas marché, les Gilets jaunes se sont mobilisés encore plus massivement pour cette acte 19.

samedi 23 mars

La radicalité exprimée lors de l’Acte XVIII faisait voler en éclat l’image d’un gouvernement se targuant d’avoir réussi à apaiser la colère des Gilets Jaunes avec le Grand Débat. Un échec pour Macron qui avait mis beaucoup d’effort dans cette tentative pour restaurer son image de président déconnecté du quotidien des classes populaires. Il n’en fallait pas moins pour qu’il endosse son costume de chef du parti de l’ordre, sous pression. Ainsi, les annonces de ce début de semaine rompent avec la doctrine du maintien de l’ordre, qui s’appuyait jusque-là sur la différenciation entre les bons et les mauvais manifestants. Aujourd’hui tous sont mis ouvertement dans le même sac, Laurent Nunez secrétaire d’Etat à la l’Intérieur déclarant qu’ils seraient tous considérés comme des émeutiers.

Cette évolution dans l’approche sécuritaire vise d’une part à installer un climat de terreur dans le pays pour décourager la population qui soutien majoritairement les Gilets Jaunes de sortir les rejoindre dans les rues, et d’autre part de banaliser la remise en cause des droits démocratiques acquis au fil des luttes comme celui de manifester, afin de préparer la remise en marche du rouleau compresseur des réformes anti-sociales. En somme une guerre psychologique qui se traduit par la mise en scène des forces de répression pour instiller la peur et faire croire à la toute-puissance de l’appareil répressif. D’où l’annonce du recours à l’armée, et les différentes déclarations qui ont suivi, dont celle du gouverneur militaire de Paris affirmant que « les militaires pourront aller jusqu’à tirer en cas de menace ». De même les images du nouveau préfet de Paris se pavanant sur les Champs-Elysées le matin de l’Acte XIX sous l’œil des caméras. Ou encore la création de la BRAV (Brigade de Répression de l’Action Violente) qui au-delà des effectifs policiers réel mis en place, constitue surtout une volonté de marquer les esprits à travers un fort effet d’annonce.

Et si cette mise en scène voulue par le gouvernement devait d’être magistrale, elle n’a finalement pas échappé à son lot d’improvisation, dévoilant la faiblesse réelle d’un appareil répressif dépassé par les événements. Ainsi alors que les chaînes de télévision avaient pour rôle de relayer ce coup de comm’ parfait, elles n’ont pas pu éviter les images d’une femme blessée par les CRS à Nice ou celles des forces de police complétement débordées par les Gilets Jaunes à Montpellier pendant les directs..

Cependant le tournant actuel de l’Etat dans l’approche répressive ne doit pas être banalisé. L’intimidation à l’égard de la mobilisation des Gilets Jaunes qui a su faire reculer de manière inédite le rouleau compresseur néo-libéral piloté par Macron, est une attaque contre l’ensemble du mouvement social. A travers lui, c’est le mouvement ouvrier, et toutes les couches populaires qui sont visées, comme un exemple qu’on voudrait en faire pour prépare un retour à l’ordre sous le signe des contre-réformes des retraites et de l’assurance-chômage.




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