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Jeunesse

Précarité étudiante

Aide alimentaire : des associations débordées contraintes de refuser des étudiants à Paris

Les files d’attente pour recevoir des colis alimentaires à Paris n’en finissent pas de grossir au fil des semaines, à tel point que l’association Linkee a du refuser des gens malgré plus de 500 colis en stocks.

samedi 20 février

La précarité débordent les associations

Ce sont des images auxquelles nous commençons malheureusement à nous habituer. Avec l’association Linkee, c’est deux fois par semaine que plus de 500 étudiants attendent dans le froid leur colis alimentaire afin de pouvoir tout simplement se nourrir. La crise sanitaire et économique que nous connaissons amène avec elle une vague importante de précarisation dans la jeunesse entre perte de jobs, de revenu et de vie sociale. Ainsi, la demande de colis alimentaires aux associations assurant cette continuité continue d’exploser et les files d’attente en sont la preuve ; encore hier nous pouvions le constater grâce aux images de Rémy Buisine pour Brut. Comme nous l’apprend le journaliste, la demande continue d’augmenter au point que l’association Linkee, organisant une partie des distributions, s’est vue contrainte de refuser le don des colis pour certains étudiants par manque de moyen logistique. Hier, ce sont encore une fois plus de 500 colis qui ont été délivrés en 1 seule soirée. 

Selon le journal « Actu Paris » qui a recueilli il y a quelques semaines le témoignage de la maison des initiatives étudiantes s’occupant des distributions alimentaires des associations Linkee, les restos du Coeur, le secours populaire et CO’p1, ce ne sont pas moins de 2000 paniers repas par semaine qui sont délivrés. Concrètement, cela représente le double de ce qui était fait en octobre. L’association Linkee a commencé ses distributions en octobre avec 200 paniers par jour ; aujourd’hui et comme le montrent les images d’hier, les demandes dépassent les 500 paniers et l’association n’a pas les moyens de pouvoir fournir tous les étudiants dans le besoin. Alors même que le travail de ces associations est devenu vital pour des milliers d’étudiants, l’augmentation constante de la précarité étudiante commence à dépasser leurs moyens. Cela témoigne d’une situation réellement inquiétante pour la jeunesse. 

Le gouvernement n’accorde que des miettes à la jeunesse

Face à cela, le gouvernement brille toujours par son inaction et son mépris. La dernière sortie ridicule de Frédérique Vidal sur la chasse aux sorcières islamo-gauchiste n’a pas fait un tollé pour rien dans le milieu universitaire. Le gouvernement est plus préoccupé de mettre en place sa politique raciste et islamophobe plutôt que de s’assurer que les étudiants de la sixième puissance mondiale puissent se nourrir à leur faim. Les mesures cosmétiques insuffisantes du gouvernement face à cette problématique sont des miettes à côté des milliards mis dans le plan de relance pour les grandes entreprises, qui en plus de cela sont les premières à licencier sans épargner la jeunesse, variable d’ajustement du patronat. Nous le voyons, le gouvernement ne semble pas vouloir apporter des réponses concrètes à la situation des étudiants et à son avenir incertain.

Si l’assistance alimentaire immédiate est devenue vitale, à partir des solidarités d’aujourd’hui il est nécessaire de s’organiser plus largement afin d’apporter les réponses aux maux de la jeunesse par nous-mêmes. Une politique d’urgence doit être portée sur la question de la précarité immédiate pour répondre aux besoins les plus vitaux. Pour en finir avec la précarité de manière pérenne, le revenu étudiant à hauteur du SMIC s’impose de plus en plus comme nécessaire au vu de l’explosion de la pauvreté. Celui-ci doit être financé par ceux qui ont continué à s’enrichir pendant la crise sanitaire, le grand patronat, par la mise en place d’un impôt fort sur les grandes fortunes. Lutter contre la précarité, c’est aussi lutter contre la détresse psychologique de la jeunesse qui nécessite de rompre avec l’isolement imposé par le distanciel. Nos préoccupations doivent aussi se porter sur la sélection à l’université se profilant comme un véritable écrémage social au vu de l’explosion des inégalités, nous devons la refuser, aucun étudiant ne doit être laissé sur le carreau. Cela d’autant plus lorsque nous voyons les destructions d’emplois en cours qui représente le chômage d’aujourd’hui et de demain.




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