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« Système dégage »

Algérie : Des islamistes chassés de la manifestation

Vendredi 15 mars à Alger, lors de la manifestation contre la prolongation du quatrième mandat de Bouteflika, deux représentants du parti du FJD, parti islamiste, ont été chassés aux cris de « Dégage ! ».

lundi 18 mars

Ce n’est pas la première fois que des représentants de l’islam politique sont chassés de manifestations contre le régime en Algérie. Le 8 mars, Abderrazak Makri, président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), qui participe au gouvernement Bouteflika, a été conspué par les manifestants.

Une autre figure des islamistes, Abdallah Djaballah, président du FJD, Front de la justice et du développement, ainsi qu’un député du même parti ont voulu participer à la manifestation de vendredi 15 mars – mais se sont heurtés aux manifestants qui les ont hués aux cris de « Djaballah dégage ! ».

Si Bouteflika cristallise la colère, celle-ci est dirigée contre tout un système politique qui sert les intérêts de la bourgeoisie, tandis que 17% de la population algérienne est au chômage et que depuis des années, les politiques néolibérales dégradent les conditions de vie de la majorité des Algériens. Il y a quelques semaines, le candidat Ali-Ghediri, ex-général soutenu par une fraction des classes dominantes algériennes dont le milliardaire Issad Rabrab, avait également été contraint de quitter une manifestation sous les huées.

Le spectre des « printemps arabes » de 2011 est proche et inquiète les classes dominantes. Certains parallèles peuvent être observés notamment avec la mobilisation tunisienne contre le chômage, la corruption et la répression policière, qui avait abouti au départ de Ben Ali, au pouvoir depuis 1987. Cependant un scénario à la tunisienne, où les islamistes prendraient un poids important dans la vie politique, paraît peu probable.

Les manifestants contre la prolongation du quatrième mandat de Bouteflika ne s’opposent pas seulement au président mais à tout le régime, comme en témoigne le slogan « système dégage ! ». Ils s’opposent ainsi à la récupération de la contestation par des courants conservateurs, dont les islamistes font partie, et se posent comme objectif de se débarrasser de toute la caste corrompue au pouvoir.

Crédit photo : observalgerie.com




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