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Répression politique

Algérie. Le régime arrête Louisa Hanoune, la secrétaire générale du PT : libération immédiate !

Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs, a été arrêtée ce jeudi 9 mai. Cette arrestation est commanditée par l’état-major de l'armée Ahmed Gaïd Salah. Elle avait été convoquée dans le cadre d'une enquête pour « atteinte à l'autorité de l'armée » et « complot contre l'autorité de l'Etat ». Cette arrestation dirigée contre l’une des dirigeantes du PT, une organisation politique se revendiquant de la classe ouvrière, est une offensive sans précédent contre les droits démocratiques, qui vise l’ensemble du mouvement social.

vendredi 10 mai

La secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, a été arrêtée ce jeudi 9 mai. Elle a été placée sous mandat de dépôt par le tribunal militaire de Blida après avoir répondu le matin à une convocation dans le cadre d’une enquête pour « atteinte à l’autorité de l’armée » et « complot contre l’autorité de l’Etat » impliquant Saïd Bouteflika, Toufik et Tartag. Commanditée par le régime et le chef de l’état-major de l’armée Ahmed Gaïd Salah, cette arrestation s’inscrit dans une purge à l’égard de ses adversaires politiques sous couvert de « la lutte anti-corruption », à un moment où les brèches du pouvoir apparaissent sous la pression de la mobilisation des masses populaires.

Offensive contre les droits démocratiques

Après avoir étouffé les voix dissonantes au sein du régime, le chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah s’attaque désormais au mouvement populaire dans l’objectif de le museler. En arrêtant la dirigeante du Parti des Travailleurs, et en s’attaquant ainsi, à une des principales organisations de gauche réformiste à base ouvrière, les militaires envoient donc un signal clair aux masses populaires qui refusent les présidentielles du 4 juillet. Ainsi, les motifs d’« atteinte à l’autorité de l’armée » et « complot contre l’autorité de l’Etat » qui ont justifié cette arrestation, sous prétexte que Louisa Hanoune refusait jusque-là les concertations peuvent en effet être repris contre toute forme d’opposition à la tentative de l’armée de mener une transition qui n’a de démocratique que le nom.

L’arrestation de Louisa Hanoune exprime un raidissement de l’appareil militaire et de la tentative d’une restauration bonapartiste de l’ordre du régime. Elle doit être dénoncée, et nous devons exiger sa libération immédiate ainsi que l’arrêt des arrestations politiques. Par ailleurs, quoiqu’on puisse reprocher aux directions de nos organisations politiques, seules les travailleurs et les masses opprimées sont en droit de régler et d’exiger des comptes. Nulle illusion ne doit être entretenue au sujet des manœuvres populistes de l’appareil militaire, qui ne cherche par là qu’à affirmer son pouvoir absolu.

Face à ce régime qui est prêt à lancer une offensive sans précédent contre les droits démocratiques, contre nos organisations ouvrières, quel que soient les désaccords importants avec la direction du PT (comme le fait de multiples trahisons, à l’image du soutien au régime de Bouteflika en 2001 lors du printemps noir, ou encore sa volonté de composer avec les forces de l’argent dans l’espoir d’aboutir à une forme de démocratie libérale). Face à ce nouveau raidissement du régime qui vise à anéantir toute opposition politique, contre nos droits démocratiques, nous devons opposer la grève, les manifestations, et l’auto-organisation démocratique et indépendante à l’image de la pointe avancée que constitue le mouvement étudiant, mais aussi dans les quartiers populaires, ou encore dans les usines où les travailleurs font l’expérience par le fait que c’est bien eux qui font tourner la société. Ce sont les seuls moyens pour parvenir à imposer la mise en place d’une assemblée constituante révolutionnaire chargée d’en finir avec les institutions du régime, et de réaliser les aspirations sociales et démocratiques des masses populaires.




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