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Notre classe

Dialogue social = monologue patronal

Areva. 2700 emplois supprimés, les syndicats approuvent !

Julian Vadis En avril dernier, la direction d'Areva se fixait pour objectif la suppression de 3000 à 4 000 postes. Hormis la CGT, quatre syndicats (CFDT, CFE-CGC, FO, Unsa-Spaen) ont signé ce lundi le projet d’accord encadrant ces suppressions d’emplois déjà annoncées, auxquelles s’ajouteront quelque 2 000 emplois à l’étranger, surtout en Allemagne et aux Etats-Unis.

mardi 20 octobre 2015

La direction d’Areva n’a pas mis longtemps pour sauter sur l’aubaine. La signature de ces organisations syndicales qui représentent « plus de 75 % des salariés » ouvre la voie au processus d’information-consultation des employés. Le plan a donc été ouvert pour deux ans, jusqu’en octobre 2017. Une trahison en bonne et due forme, que les organisations justifient par le fait que Philippe Varin et Philippe Knoche, le président et le directeur général du groupe nucléaire, se sont engagés à ce qu’il n’y ait "aucun départ contraint " parmi les 18 000 salariés concernés par ce plan de licenciement en France. Toute la confiance est donc donnée à l’ancien PDG de PSA et responsable de la fermeture de l’usine de PSA-Aulnay en Seine-Saint-Denis, soit au licenciement de près de 2 000 personnes. De son côté, la CFDT estime ainsi que cet accord " permet une meilleure protection des salariés dans le cadre de départs volontaires en retraite ou pour reclassement externe ". Si FO a indiqué qu’il ne s’agit que d’un "socle minimum", la centrale, ainsi que la CFE-CGC ont approuvé le dispositif de mobilité interne, qui se fera sans perte de rémunération.

Le spectre d’Air France fait-il peur aux directions syndicales ?

Cette capitulation totale intervient alors que le sulfureux dossier "Air France" fait la Une de l’actualité. La colère des salariés, et les images de la chemise déchirée, sont-elles en train de faire peur aux organisations syndicales ? Il est vrai qu’un possible regain de radicalité de la classe ouvrière rend bien plus difficile les accords de salon afin de jouer leur rôle de conciliateur de classe ... et de canalisateur de la colère des travailleurs. Et si elle n’a pas signé l’accord, le refus de la CGT s’explique surtout par la position actuelle de la centrale, qui a refusé de participer à la "conférence sociale" du gouvernement, et n’a pas forcément dans l’idée d’organiser conséquemment la lutte contre les licenciements. La situation à Areva est représentative du rôle que jouent les directions syndicales, celui d’être un pare-feu pour les intérêts de la direction, et le dialogue social, une mascarade dans laquelle elles deviennent le relais du discours patronal.

Alors que les salariés d’Air France subissent de plein fouet la répression, les licenciements à Areva montrent que le patronat n’a pas ralenti la cadence de son offensive contre les travailleurs. Rien ne l’arrête. Pas même une ou deux chemises arrachées… Et pourtant, la colère des salariés d’Air France a bien fait trembler dans leurs fondements jusqu’au dernier journaliste au service du capital. Pour l’instant, dans le bras de fer qui oppose monde du travail et capital, les derniers semblent avoir partiellement repris la main, en utilisant notamment la justice d’Etat et de classe pour criminaliser la contestation sociale.

A ce stade, seule l’organisation la plus conséquente de la riposte à Air France et le combat pour la défense des salariés inculpés peuvent être les clefs de voûte d’une véritable rupture du dialogue social, sous pression de la base des organisations syndicales et des salariés. La radicalisation des luttes entrevues lors du conflit à Air France, et les élans de solidarité ouvrière qui se sont manifestés, sont autant de perspectives à approfondir pour faire face à l’offensive patronale et gouvernementale qui s’intensifie.




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