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Marche ou crève

Assurance chômage saison II : contrôles renforcés, baisse des indemnités et guerre sociale au programme

Le deuxième volet de la réforme de l’assurance chômage est en route pour renforcer le contrôle des bénéficiaires et baisser toujours plus les indemnités. Alors que Macron compte sur les directions syndicales pour passer la réforme par la « concertation », cette attaque brutale contre les travailleurs ne pourra être combattue que par la lutte !

mercredi 7 septembre

Crédit photo : AFP/Philippe Huguen

Le gouvernement prépare le deuxième round de la réforme de l’assurance chômage. Après le premier volet de la réforme, pour modifier le mode de calcul de l’allocation chômage et baisser les pensions, le gouvernement a décidé, ce mercredi, en conseil des ministres, de lancer le coup d’envoi de la saison II et de s’atteler au renforcement du contrôle des chômeurs.

Augmenter le contrôle des chômeurs pour réduire les coûts : une énième attaque anti-sociale

Ce mercredi 7 septembre, le ministre du travail, Olivier Dussopt, invité sur France Info, a présenté la nouvelle réforme. « Le principe est simple : quand les choses vont très bien, il faut que les règles soient plus incitatives et quand les choses vont moins bien, il faut qu’elles soient plus protectrices » a résumé le membre du gouvernement.

Derrière cette formule, la logique de la réforme est claire : chercher à réduire au maximum le nombre de bénéficiaires de l’allocation chômage. Dans cette optique, le gouvernement prépare une réforme qui lui permettra d’augmenter les outils d’évaluation des chômeurs, afin de continuer à baisser le nombre de demandeurs d’emplois inscrits à Pole Emploi. L’indemnisation et la durée de versement de l’allocation chômage seront, par exemple, conditionnées par le taux de chômage dans la région ou la période de perte d’emploi du travailleur concerné. Pour Emmanuel Macron, il faut que la modalité de calcul des allocations soit « plus stricte quand trop d’emplois sont non pourvus, plus généreuse quand le chômage est élevé ».

Selon une enquête de Médiapart, cette logique est déjà appliquée à Pôle Emploi. En effet, les conseillers ont été inviter à créer « un vivier de demandeurs d’emploi immédiatement employables » pour « renforcer la satisfaction des besoins en recrutement sur les secteurs les plus touchés [par la difficulté à embaucher] ». En clair, les travailleurs au chômage vont être incités à accepter des emplois dans des secteurs où ils ne sont pas qualifiés ou qui ne les intéressent pas, au risque de perdre leurs allocations. La note étudiée par le journal, ajoute également que « si l’entretien fait apparaître des doutes sur l’effectivité de [la] recherche [d’emploi] » d’un demandeur qui refuserait des propositions de postes loin de ses compétences et envie, celui-ci devra être reçu par « l’équipe contrôle de la recherche d’emploi ».

Ces nouvelles pressions sur les demandeurs d’emploi vont accoucher d’une nouvelle précarisation du monde du travail dans son ensemble. L’objectif est clair : constituer une main d’œuvre précaire et corvéable au patronat. En effet, les chômeurs seront obligés d’accepter des boulots moins bien payés et de moins bonnes conditions de travail pour éviter de vivre sans indemnité alors que le gouvernement cherche à baisser les coûts des aides sociales à l’orée de la crise économique.

« Concertation », « discussion » : le gouvernement veut empêcher les mobilisations par le dialogue social

Pour justifier cette réforme-bis, le gouvernement continue d’utiliser rhétorique libérale traditionnelle contre les soi-disant assistés et chômeurs longue durée qui ne ferait pas assez d’effort pour trouver un emploi. Dans la même interview pour France Info, Olivier Dussopt a notamment assené qu’il était : « insupportable d’être encore à un taux de chômage de 7,4% et d’avoir dans le même temps un retour unanime des chefs d’entreprises sur les difficultés de recrutement ». Mais derrière le mythe du plein emploi, l’épreuve des chiffres : « Selon des données de l’Unédic, on dénombrait 6,5 millions de personnes inscrites à Pôle emploi en décembre 2021, mais seulement 2,6 millions (40%) d’entre elles étaient indemnisées. L’organisme qui gère le régime d’assurance chômage prévoit qu’elles seront 2,4 millions fin 2022 » note BFMTV.

Pour faire accepter cette réforme et éviter les échecs essuyés pendant son dernier quinquennat, Macron escompte s’appuyer sur le dialogue social et les directions syndicales. Interrogé à l’issue du conseil des ministres, Olivier Véran a soutenu une méthode « plus incitative et plus protectrice », et « qui s’adapte aux besoins ». Par ailleurs, Olivier Dussopt a assuré que la nouvelle réforme sera discutée dans le « cadre d’une concertation ». « Un échange, c’est une discussion, ce sont des propositions, des contre-propositions (…) et à la fin le gouvernement prend les décisions qu’il doit prendre » a ajouté le ministre.

Si le gouvernement rêve de passer cette réforme en douceur et sans provoquer de mobilisation, c’est loin des tables de négociations qu’il faut se battre contre cette nouvelle attaque anti-sociale. Alors que l’inflation et l’augmentation du prix de l’énergie va plonger de très nombreuses familles dans des situations de grande précarité et que les phénomènes de mise en chômage partiel prédisent des futures vagues de licenciement, il est urgent de s’organiser contre ce nouveau volet de casse du droit au chômage. Dès le 29 septembre pour l’augmentation des salaires, mais au-delà de cette seule date, il s’agit de préparer une contre-offensive face aux attaques du gouvernement et des patrons.



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