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Politique

Contre-réforme

Baisse des allocations, durcissement de l’accès : la réforme de l’assurance chômage pleinement en vigueur

Ce mercredi 1er octobre le dernier volet de la contre-réforme de l’assurance chômage est entré en vigueur et la durée minimale de travail pour être indemnisé est passé de quatre à six mois. Plus que jamais la précarisation des jeunes et des salariés en contrats courts est en marche.

mercredi 1er décembre 2021

Crédits photo : AFP

Le 28 octobre dernier, la ministre du travail Élisabeth Borne annonçait l’entrée en vigueur ce mercredi 1er décembre des dernières mesures contenues dans le projet de l’assurance chômage. Partiellement en place depuis le 1er octobre, après l’introduction du nouveau mode de calcul du salaire journalier, la réforme anti-sociale du gouvernement Macron, près de deux ans après le début de sa mise en œuvre, est désormais pleinement en vigueur.

La durée minimale de travail pour être indemnisé passe donc de quatre à six mois sur les vingt-quatre derniers mois (trente-six mois pour les plus de 53 ans). Selon l’arrêté du Journal officiel, cela s’appliquera « aux travailleurs privés d’emploi dont la fin de contrat de travail intervient à compter de cette date ». L’autre changement concerne la dégressivité plus rapide de l’allocution pour les personnes de moins de 57 ans dont le revenu brut dépasse 4518 euros.

Cette nouveauté n’en est en réalité pas totalement une. L’allongement de la durée d’affiliation nécessaire pour ouvrir ou recharger un droit était déjà appliqué de novembre 2019 à juillet 2020 avant d’être suspendu pendant la crise sanitaire et suite à une décision du conseil d’État. D’après une étude de l’Unedic réalisée en avril dernier, ce passage de quatre à six mois retardera l’ouverture de droits pour 475 000 personnes, et ce seulement au cours de la première année d’application. Le pôle d’expertise souligne également que sur dix personnes touchées par l’allongement de la durée minimum de travail nécessaire, neuf auront perdu un contrat d’intérim ou un CDD et que la grande majorité ont « un rythme de travail fractionné ». À cela s’ajoute une surreprésentation des jeunes de moins de 26 ans parmi les personnes que cette mesure va concerner, puisque selon l’Unedic toujours c’est plus de 160 000 d’entre eux qui seront concernés la première année.

L’allongement de la période plancher à partir de laquelle les salariés peuvent être éligibles à l’allocation va donc toucher en premier lieu les travailleurs précaires, embauchés en contrats courts et les jeunes. Au service de son fantasme pro-patronal et de sa croisade contre « l’assistanat », pour donner des gages à la bourgeoisie et au patronat en vue de 2022, le gouvernement va donc plonger dans la pauvreté des milliers de travailleurs sans emploi sous prétexte d’ « inciter au travail » selon la formule cynique d’Elisabeth Borne.

La concrétisation de la contre-réforme de l’assurance chômage va impacter la vie de millions de familles populaires. Avec la campagne Anasse Kazib 2022, nous revendiquons à rebours de la politique anti-sociale du gouvernement la mise en place d’une allocation universelle à hauteur du SMIC pour tous ceux qui se retrouvent sans revenus. Et de l’argent il y en a pour financer ces mesures : il faut prendre sur les profits qui ne cessent d’augmenter et ont même battu des records durant la crise sanitaire, ainsi que sur les grandes fortunes et les sommes faramineuses que les riches cachent dans des paradis fiscaux.



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