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Notre classe

Blanquer démission !

"Blanquer est-il déjà entré dans une école pour voir les conditions sur le terrain ?" Témoignage d’une animatrice périscolaire

Nous relayons ici le témoignage d'une étudiante et animatrice périscolaire, en grève pour exiger des moyens à la hauteur de la crise pour pouvoir appliquer des protocoles dignes. Au mépris subit au travail, vient s'ajouter la colère contre l'offensive sécuritaire du gouvernement, qui priorise la répression et laisse les précaires sur le tas.

vendredi 27 novembre 2020

Crédits photo : THOMAS SAMSON - AFP

Je suis étudiante en lettres et arts et animatrice à temps partiel pour pouvoir subvenir à mes besoins, car la bourse d’études ne me permets même pas de payer l’intégrité de mon loyer. Nous sommes une structure d’animation relevant de l’éducation populaire en milieu péri-scolaire et sommes aujourd’hui en grève.

Si j’apporte aujourd’hui ce témoignage c’est que mon job me tient à cœur, l’éducation dans des quartiers populaires est essentielle et est censée être une priorité, or ce n’est pas le cas. Ce que laisse entendre le gouvernement grâce aux médias est contradictoire à la réalité du terrain : c’est pourquoi nous avons le besoin urgent d’être entendu.

En pleine pandémie mondiale, le gouvernement ne nous écoute pas malgré nos nombreuses sollicitations. Constamment en sous-effectif et en manque de moyens, et pourtant relevant « d’une activité professionnelle indispensable à la société » selon Macron : nous sommes à bout de souffle. D’abord la volonté d’un « protocole sanitaire renforcé » concrètement irréalisable par manque d’espace et de moyens. D’autant plus absurde par le fait de limiter les brassages d’élèves en les séparant par classe ou niveau. Comment limiter le brassage lorsque nous sommes 3 animateurs.trices, pour 49 enfants ? Le port du masque qui devient ensuite obligatoire pour les primaires, alors qu’il y a 2 mois encore les enfants n’étaient que très peu porteurs du virus et donc non contagieux.

Blanquer est-il déjà rentré dans une école et vu les conditions sur le terrain ? Si c’était le cas il aurait d’ores et déjà observé que les enfants sont incapables de porter un masque toute une journée, sans le perdre un minimum 3 fois par jours. D’autant plus absurde par le fait que les enfants mangent ensemble à la cantine sans le masque, le virus peut donc circuler à ce moment. Et les masques d’ailleurs, quel a été l’aide de l’Etat pour les familles ? Aucun masque mit à disposition au sein de l’école pour pouvoir les distribuer aux enfants.

Notre président dit pourtant vouloir aider « les familles les plus modestes », nous attendons encore de voir cette aide tant attendue. Macron et son gouvernement dit vouloir garder les écoles ouvertes pour éviter le décrochage scolaire, ajoutant qu’il n’y a que très peu de risque de contracter le virus vis à vis du protocole. Pourtant dans notre établissement, des instituteurs ont été testé positifs au COVID-19 et tout le personnel est en conséquence cas contacts. Au lieu de fermer l’école et informer les parents pour éviter la propagation du virus et faire tester tout le monde, les cas avérés ont été remplacés pour maintenir les cours. Il s’agît encore une fois d’un déni d’information dans le seul but que les parents puissent être libres pour pouvoir travailler au détriment de la santé.

Travaillant dans un milieu social, nous sommes de tout cœur avec le secteur médical qui subit également l’incompétence du gouvernement français, refusant de se remettre en cause. Les revendications sont similaires : augmentation de personnel, de salaire ; de plus : l’arrêt des fermetures des lits. Il serait temps de revoir les priorités : privilégier la santé et les services publics et non l’économie et le capitalisme.

Nous continuerons d’envahir les rues et d’avoir ces mêmes revendications jusqu’à ce que ça change. Mit à part les revendications de la grève, dans le contexte actuel avec notamment la loi « sécurité globale » nous nous sentons directement concernés. En plein quartier populaire, la répression policière est malheureusement bien présente. Nous avons peur pour les enfants, futurs adolescents et adultes qui seront bientôt visés par cette répression (si ce n’est pas déjà le cas). Il est important d’ouvrir les yeux, et de lutter contre ce gouvernement qui va à l’encontre de sa devise « Liberté, Egalité, Fraternité ». La France qui se revendique pays des droits de l’homme semble pourtant être en réelles contractions avec ses valeurs !