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"Bonbon qui traîne sur la table" : la justification méprisante de Vidal pour ne pas réouvrir les facs

Pour Vidal ce n’est pas possible de réouvrir les facs mais le problème : « ce n’est pas le cours dans l’amphithéâtre mais l’étudiant qui prend un café à la pause, un bonbon qui traîne sur la table » explique la ministre. Alors que la détresse dans la jeunesse est grande, le mépris du gouvernement n’a pas de limite.

mercredi 13 janvier

Crédit photo : Ludovic Marin

Depuis des mois maintenant les facs sont fermées et les cours en distanciel ont creusé les inégalités déjà existantes. Après un long silence et une absence criante de mesures pour répondre à la situation, Frédérique Vidal [a renvoyé une fois de plus la situation à la responsabilité individuelle des étudiants lors de sa visite lundi à l’Université de Cergy
 
Évoquant la fermeture des facs, la ministre a expliqué « Le problème, c’est le brassage. Ce n’est pas le cours dans l’amphithéâtre mais l’étudiant qui prend un café à la pause, un bonbon qui traîne sur la table ou un sandwich avec les copains à la cafétéria. » Pour Vidal, une fois de plus le problème c’est le comportement des étudiants. En septembre les clusters dans les facs étaient dus aux soirées étudiantes maintenant les responsables sont les papiers de bonbons.

C’est pour la ministre une manière de se dédouaner de toute responsabilité dans la situation. Elle évoque le « brassage » mais comment éviter le brassage quand les amphithéâtres sont bondés à chaque rentrée ? Quelles mesures et quels moyens a mis en place le gouvernement pour permettre de limiter le fameux « brassage » ?
 

 
La seule réponse du gouvernement aura été de fermer les facs en laissant les étudiants dans une situation insoutenable. En effet ces derniers mois les conditions d’étude se sont dégradées et aujourd’hui 9 étudiants sur 10 disent ne pas pouvoir suivre les cours selon l’enquête de Médiapart. La fermeture des facs et le confinement prolongé de la jeunesse a conduit à des situations d’isolement et de mal-être important. Depuis la rentrée la colère gronde : des blocages sont organisés dans plusieurs facs contre les partiels en présentiel et twitter voit défiler des dizaines de milliers de tweets d’étudiants en colère, qui dénoncent la situation de détresse dans laquelle ils sont : décrochage scolaire, perte d’aides, perte d’emploi, isolement, angoisse, difficultés alimentaires. La situation est dramatique et la ministre de l’enseignement supérieur a choisi de rejeter la responsabilité sur des papiers de bonbon.. Le mépris ne passe plus et sur twitter de nombreuses personnes ont souligné le décalage de cette déclaration avec la réalite.

Une fois de plus Vidal ne répond à la précarité et à la détresse des étudiants par le mépris, quand elle ne choisit pas la matraque, comme à la Sorbonne où des étudiants se sont opposés aux partiels en présentiel. Aujourd’hui, il est urgent d’investir massivement dans les universités pour faire face à la crise sanitaire : avec des embauches de personnels, avec titularisation pour mettre fin aux contrats précaires et réquisition de salles pour faire face à cette situation inédite. 




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