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Société

#StopExpulsions

Bordeaux. La chasse aux migrants continue

À Bordeaux, depuis le 12 juillet, une répression très forte s’exerce sur les migrants : la préfecture continue d’expulser les squats. Cela s’inscrit dans la politique répressive et raciste de l’État français.

samedi 24 août

Depuis 2018, 1 200 personnes ont été expulsées des squats bordelais. Cela fait déjà plusieurs années qu’une telle situation existe pour les migrants. Les conditions de vie au quotidien sont extrêmement difficiles dans la mesure où ils n’ont pas de papiers, pas de logement, pas de revenus : ils sont maintenus dans la précarité.

Cet été, cette répression s’est intensifiée, et à Bordeaux tout particulièrement. La nouvelle préfète, Fabienne Buccio, anciennement responsable de Calais, mène une politique terriblement répressive. Depuis le 12 juillet, les expulsions n’en finissent plus malgré les vagues de canicule et les conseils avisés de la ministre de la santé selon lesquels on ne devrait pas sortir de chez soi. Au total, ce sont 400 ou 500 migrants qui ont été jetés à la rue.

Des lieux d’accueil autogérés, de solidarité pour les besoins de première nécessité, pour manger et dormir ont été ouverts. Le Collectif des Migrants de Bordeaux (CMB) a été créé par les migrants eux-mêmes, avec le soutien de plusieurs associations militantes et syndicats. Ainsi 150 repas sont servis midi et soir à l’Athénée libertaire, des permanences juridiques sont tenues, etc. Cela reste malheureusement insuffisant car ce sont plus de 2 000 migrants qui sont en situation de précarité à Bordeaux : le 31 août, le CMB devra abandonner le bâtiment qui l’accueille et les logements d’urgences sont toujours une solution insuffisante.

Il ne s’agit pas d’aider seulement 500 migrants mais bien d’obtenir un logement décent pour tous et des conditions de vie dignes pour chacun. Ce sera par la lutte et l’action, par un rapport de force politique que les migrants et leurs soutiens pourront imposer leurs revendications. Par exemple l’application de la loi de réquisition des logements vides ne s’obtiendra pas par une simple demande à l’État, mais par la lutte. Rien que dans la métropole bordelaise, il y a 22 000 logements vides ! Les réquisitionner permettrait de loger les plus de 2 000 migrants et les 300 SDF qui y sont présents.

Cette politique répressive envers les migrants a cours partout en France, pays impérialiste qui alimente les conflits au Proche-Orient et en Afrique subsaharienne, notamment en y vendant des armes.

Des millions des personnes ont traversé la Méditerranée jusqu’à aujourd’hui. Depuis 1990, 30 000 personnes y ont laissé la vie, selon l’ONG United Against Racism. Ce sont les tragiques conséquences des politiques meurtrières de l’Union Européenne qui cherche à fermer ses frontières.

Contre le modèle de l’Europe forteresse, nous revendiquons l’ouverture des frontières afin que que chacun circule et s’installe librement. Cela implique également la régularisation de tous les sans papiers, afin que que chacun puisse travailler et vivre dignement.

Vous pouvez participer à la cagnotte du collectif des Migrants de Bordeaux (CMB) en suivant ce lien.

Crédit photo : NURPHOTO via Getty Images




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