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Jeunesse

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Bordeaux. Le Crous fait intervenir la police dans une cité universitaire pour expulser deux étudiants

Ce vendredi 28 octobre, sous l'impulsion du Crous, deux étudiants ont été expulsés de leur logement universitaire par la police. Ces expulsions manu militari font suite à la décision de justice du Tribunal administratif qui a validé la demande du Crous de mettre dehors neuf étudiants. Alors que deux d’entre eux restaient jusque-là dans leur chambre faute de solution pour se reloger, le Crous a fait intervenir la police pour les dégager. Nous dénonçons fermement ces expulsions ainsi que l’intervention de la police sur le campus.

lundi 31 octobre

Photo : AFP/GILLES LEIMDORFER

Le 5 octobre, le Tribunal administratif de Bordeaux validait par décision de Justice la demande du Crous pour l’expulsion de 9 étudiants de leur logement universitaire. Si certains d’entre eux ont trouvé des solutions de relogement, Karim* et Anas* n’ont pas reçu de réponse du Crous et des mairies de Bordeaux, Pessac et Gradignan concernant leur demande.

Par conséquent les deux étudiants résidaient jusqu’ici encore dans leur chambre universitaire en attendant de trouver une alternative. En réponse, le Crous a fait appel ce vendredi à une intervention policière pour les déloger à la veille de la trêve hivernale. « Ça s’est passé très vite », témoigne Anas], qui dit « avoir été sorti de [son] sommeil à 9h par les forces de l’ordre ». Dans le bâtiment M, « on m’a laissé quelques minutes pour empiler mes affaires, sortir et rendre mes clefs », alors que dans le même temps, une seconde équipe procédait à l’expulsion de Karim du bâtiment A.

Après s’être acharné pour mettre à exécution ces expulsions arbitraires depuis fin août, révélant ainsi les méthodes d’intimidations que le Crous n’hésite pas à employer, ce dernier fait appel à la police pour parachever sa cabale répressive. Dans un contexte économique marqué par une forte inflation, le Crous jette sans hésitation deux étudiants étrangers à la rue qui se retrouvent à présent dans une situation d’extrême précarité. Une politique inacceptable face à laquelle les deux étudiants envisagent de répondre par une grève de la faim devant la cité universitaire, selon leur témoignage dans les colonnes du Sud Ouest.

Cette situation doit appeler à une vive réaction de l’ensemble des organisations de jeunesse, politiques et syndicales de gauche afin de dénoncer le Crous, relai institutionnel de l’Etat, qui par ses méthodes et ses agissements est un amplificateur de la misère étudiante. Le recours à la police pour expulser des étudiants représente un saut répressif rarement franchi, et cela ne doit pas rester sous silence.



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