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Jeunesse

Bordeaux. Pourquoi rejoindre les Ford en manifestation quand on est jeune et écolo ?

À quelques jours de la fermeture programmée de Ford Blanquefort, la CGT Ford appelle à se mobiliser le samedi 21 septembre à Bordeaux, date emblématique par l’appel à la jonction entre Gilets Jaunes et écolos signé par de nombreuses organisations, dans toute la France.

samedi 21 septembre

Alors que ce mardi la cour d’appel s’est déclarée incompétente quant à la question d’absence de motif économique pour des licenciements, ce sont plus de 800 ouvriers qui vont être licenciés, et avec eux plus de 2000 emplois induits par l’activité industrielle de l’usine qui seront supprimés en silence. La fermeture de la dernière usine sur le sol français du géant constructeur automobile et avec cela, la suppression d’environ 12 000 postes en Europe et principalement en Allemagne qui s’accompagne, ce sont des conséquences énormes qui s’abattent pour des milliers d’ouvriers qui vont perdre leur emploi, leur réservant un avenir précaire conduisant à des situations souvent très difficiles s’aggravant sans cesse, comme le chômage, la perte de domicile, le divorce et allant parfois dans des conditions dramatiques au suicide. Et tout cela, pendant que Ford réalise des profits gargantuesques tout en ayant perçu des aides publiques à la hauteur de 50 millions d’euros sur ces sept dernières années.

Comme l’écrit la CGT Ford dans son appel à manifester ensemble samedi contre la fermeture de l’usine, c’est “en réalité l’ensemble de la population qui est concernée par les conséquences dans la sous-traitance, les commerces, les emplois publics, sur toute la vie sociale de la région. Et c’est d’autant plus grave que le chômage et la précarité touchent déjà une partie importante des habitant.e.s” : dans la santé, aux urgences, dans l’enseignement, à la Poste, citent-ils, des mobilisations commencent à bouillir pour dénoncer le manque de personnel qui dégrade les conditions de travail et entraîne une détérioration des services publics. Des services publics pour tous, qu’on détériore à coup de licenciements et coupes budgétaires, ouvrant à la privatisation pour certains secteurs, pendant que les grands patrons se remplissent les poches en rentabilisant toujours plus ces services pour tous.

La transition écologique comme argument pour licencier les travailleurs

Pendant que Macron donne du sien pour apparaître comme un président préoccupé par les questions climatiques, teinté d’une hypocrisie sans nom de par ses mesures qui n’ont de vert que le nom, se cache une réelle volonté de faire payer aux travailleurs la facture de la crise. Il est d’autant plus étonnant de voir la façade des multinationales qui appuient ces discours et utilisent l’argument de la transition écologique pour virer des milliers de travailleurs.

Le discours écologique devient un prétexte idéal pour attaquer les travailleurs, faisant payer la transition écologique à eux quand ces mêmes multinationales sont les principales responsables de la pollution et du dérèglement climatique actuel. Le géant constructeur automobile Ford est le meilleur exemple de ce schéma : le constructeur américain a prévu une suppression de 10% de ses effectifs dans le monde, c’est-à-dire une suppression d’environ 12 000 postes seulement en Europe. Ces suppressions de postes qui vont entraîner dans la misère plusieurs milliers de travailleurs sont justifiées par une logique commune aux autres constructeurs automobiles comme Volkswagen qui avait annoncé une suppression de 7000 postes en plus des 21 000 annoncés avant 2020 : c’est tout un projet de restructuration pour rentabiliser encore et toujours plus, qui utilise l’argument de la transition écologique pour délocaliser les usines en Asie et notamment en Chine où sont construites les batteries, et à la Silicon Valley pour le pilotage automatique.

D’autre part, comme on l’expliquait au-dessus, Ford fait partie des multinationales qui participe le plus à la pollution, et avait déjà été l’objet d’une enquête pénale sur les émissions polluantes réelles de ses voitures, à l’image du scandale qu’avait fait l’affaire Volkswagen en trichant sur les chiffres de nocivité des émissions polluantes, qui a montré qu’il y avait tout un accord entre les différents constructeurs automobiles pour ne pas réduire ces émissions.

Vers une lutte d’ensemble contre la précarité et l’avenir qu’on nous réserve !

Aujourd’hui plusieurs milliers de jeunes se mobilisent à l’échelle internationale sur les questions climatiques, préoccupés par leur avenir dans un environnement toujours plus détérioré par ces mêmes multinationales qui gaspillent les ressources et rejettent à la pelle des émissions de gaz et autres déchets qui compromettent toujours plus la biodiversité, et accélèrent ainsi la catastrophe écologique. Face à cela, il est nécessaire de se mobiliser contre les discours pédants de ces multinationales accompagnées par les gouvernements qui derrière leurs discours favorables à la transition écologique, comme c’est le cas pour les constructeurs automobiles qui sont les principaux responsables de la pollution : pendant qu’ils bénéficient des millions d’euros de subventions publiques, et qu’ils engrangent des milliards en chiffres d’affaire tout en polluant à leur souhaits pour rentabiliser encore et toujours plus, ils font payer la facture de la crise qu’ils ont commise à l’ensemble des travailleurs en les licenciant, et les gouvernements cassent toujours plus les services publics pour tous, comme c’est le cas du réseau ferroviaire en France, remplacés par des camions pour le Fret, bien plus polluants que le train. Des mensonges et des manoeuvres, comme Macron qui se dit préoccupé par le gigantesque incendie du principal poumon de la planète, la forêt amazonienne, alors que ce sont principalement des entreprises françaises qui vont y piller les ressources et déforester chaque jour des énièmes hectares pour augmenter les chiffres d’affaire.

Ainsi, face à cela, c’est une réponse commune que l’on doit donner contre ces mensonges et ces mesures : les jeunes préoccupés par les questions écologiques ont tout intérêt à se mobiliser aux côtés des travailleurs de Ford contre la fermeture de l’usine de Blanquefort et les milliers de licenciements qui s’accompagnent dans toute l’Europe. Comme l’a montré la rencontre inédite au comité d’entreprise de l’usine cet été, celle des ouvriers de la CGT Ford, avec des militants écologistes (militants d’ANV COP 21), pour une remise des portraits présidentiels fraîchement réquisitionnés dans les mairies (et pour lesquels un procès a récemment condamné certains de ces militants), les militants écologistes et les ouvriers de Ford ont un combat à mener ensemble ! Dans un post facebook, ANV COP 21 écrit à ce propos : “Peut-être pourrions-nous nous réjouir de la fermeture en France d’une usine automobile ? Non, pas vraiment… Ce n’est pas par souci écologique que Ford ferme son usine à Blanquefort, mais pour engranger encore plus de profits !”.

Crédit photo : Photothèque rouge / JMB




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