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Politique

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Bordeaux en luttes : Portrait de Willy, syndicaliste à La Poste

Willy est 5ème sur la liste Bordeaux en Luttes, il est militant syndicale à La Poste et fait partie des portes paroles de cette campagne. Il répond à nos questions quelques jours avant le premier tour.

jeudi 12 mars

Révolution Permanente :Qu’est ce qui ta poussé à rejoindre cette liste ?

Willy : Ce qui m’a poussé à rejoindre Bordeaux en Luttes, c’est qu’au début des discussions autour des municipales, je me suis intéressé à la question. J’ai assez peu de confiance dans le système électorale, assez peu de confiance dans l’actuelle démocratie représentative, assez peu de confiance dans l’État et ses institutions et malgré tout je suis en doute permanent de me demander si on ne peut pas porter nos luttes sur le champs électorales, les municipales sont une échelle ou c’est plus possible que d’autres. Je me suis dit qu’il y avait peut être quelques choses à faire, militer cette liste avec des gens que l’ont retrouvent dans les grèves, dans les manifs et dans les différentes luttes aux quotidiens.

RP : Pour toi Bordeaux en Luttes permet de discuter des problématiques liés à La Poste ?

W : C’est aussi l’occasion d’en discuter, mais j’estime que j’ai pas mal l’occasion d’en parler avec mon mandat syndicale, justement cette perspective politique là c’est d’essayer de sortir du champ strictement professionnel, de ma boîte. Le but est de parler d’autres choses aussi, plus globalement, de la société de manière générale.

RP : Chacun vient de certains milieux militants, avec des expériences parfois différentes, des ‘’compétences’’, c’était l’occasion de mettre tout ça en commun, tu peux en dire quelques mots ?

W : En fait il y deux choses, on peut se dire que l’on a des compétences et qu’elles contribuent à l’élaboration d’une certaine idée de la société que l’on peut porter, mais même au de là de ça, c’est souvent une question de politique et d’arbitrage. C’est à dire que notre camp social est souvent disqualifié parce que les politiciens qui sont aux pouvoirs et les grands médias qui les relaient estiment toujours que l’on est pas crédible parce que l’on à pas les compétences techniques pour le faire. Mais en fait eux ils n’ont les compétences technique de que dalle, personne ne peut prétendre pouvoir gérer la ville de Bordeaux. L’idée c’est de dire qu’il y a toute une administration qui fait le job, et qui le ferait sans le maire, donc il faut commencer par respecter ce personnel municipal. La question c’est que le maire et le conseil municipale, ils arbitrent des choix, des choix politiques. Ok je n’ai pas fait l’ENA, personne sur notre liste d’ailleurs, on a pas fait polytechnique non plus, on est pas des technocrates, mais en étant habitant de cette ville on peut prendre des décisions politiques pour celle ci. Il faut sortir de cette injonctions à la compétence technocratique pour pouvoir prendre des décisions politiques.

RP : S’il y a une idée majeur du programme que tu devrais mettre en avant ça serait quoi ?

W : Il y en a plusieurs, mais celle qui me tient le plus à coeur c’est le logement pour toute et tous. Parce que moi j’ai jamais été concernée par le mal logement, ou le fait de ne pas avoir de logement. Mais je vois ça autour de moi tout le temps et ça m’est insupportable. Je ne comprend pas et je n’accepterai pas que l’on tolère ça. Ça nous en renvoie tellement dans la gueule de voir des gens dormir à la rue, encore plus avec des enfants, et ça peu paraître idiot mais quand on a des enfants on se le dit encore plus, on s’image pas dormir dehors avec son gamin et on ne souhaite ça à personne. Donc c’est un des points qui me tient le plus à cœur, que juste les gens arrête de dormir dans la rue alors qu’il y a assez de logement vide pour eux.

RP : On est à quelques jours du premier tour, quel serait ta vision de potentiels élus pour la liste ?

W : Honnêtement je ne sais pas, si on aurait des élus ou pas, je n’ai aucune confiance dans les instituts de sondage, même s’ils sont plaisant, parce qu’on mettrait à priori une petite claque à LREM. Malgré tout, je les ais tellement détesté durant toutes ces années, que je ne vais pas me mettre à les apprécier le jour où ils nous donnent un résultat favorable. Donc j’ai du mal à répondre à ça.
J’ai envie de dire que ce n’ai pas le plus important, si on y arrive tant mieux, si on peut être la pour porter nos idées pendant 6 ans, en essayant de la bousculer c’est bien. Maintenant l’objectif politique c’est de continuer d’exister, de porter une certaine voix, il est déjà accomplie parce qu’on l’a fait et qu’on a fait parler, tant mieux si ça peut continuer après le 15 mars.

RP : On vient d’une grande mobilisation contre la réforme des retraites, qui vient d’être validé par 49.3, la liste Bordeaux en Luttes prend aussi source dans cette séquence, en terme de perspective militante comment tu vois la suite ?

W : Pour moi les perspectives sont pas terrible, les confédérations syndicales font de la merde, elles font rien en fait c’est pire. Si au moins elle ferait quelques choses, avec des erreurs, ça serait déjà ça, mais la elles ne font rien, elles observent et attendent par peur d’échouer et c’est ça le pire, alors que tu prétend être le dernier rempart.

Donc assez pessimiste, mais en même temps, on a pas le choix, moi a titre personnel, plus grave que le 49.3 pour passer cette réforme de merde, je vois tout ce qui passe à côté et dont on ne parle pas, comme Gendnote, pour ficher les militants là, ce sont vraiment des processus pré-fascistes qui sont en train de se mettre en place et ‘’tout le monde s’en fout’’, justifié par la toute puissance de la grande République évidemment. A la limite le 49.3, il est inscrit dans cette constitution autoritaire, qui permet de donner encore plus de pouvoir à ceux qui ont déjà tout. Il faut arrêter de juste s’offusquer du 49.3, il faut plutôt remettre l’ensemble en cause, tout remettre à plat, en commençant par retirer cette arme oui, mais comme toutes les armes, on ne va pas continuer à pleurer à chaque fois que quelqu’un se fait arracher des membres ou qui se font tuer par la police, il va falloir commencer par les désarmer en premier lieux.

Crédit photo : Bordeaux en Luttes




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