^

Politique

CRISE SANITAIRE

Buttes-Chaumont. Le gouvernement instrumentalise une fête pour masquer son absence de stratégie sanitaire

Ce dimanche, plusieurs centaines de jeunes se sont rassemblés au parc des Buttes-Chaumont du XIXème arrondissement de Paris pour faire la fête. Un rassemblement qui pose problème d'un point de vue sanitaire, mais que le gouvernement a choisi d'instrumentaliser pour mieux cacher son absence de stratégie sanitaire par la culpabilisation et la menace de la répression de la jeunesse.

lundi 26 avril

Crédits photo : Capture d’écran Twitter/Amar Taoualit

Ce dimanche, plusieurs centaines de jeunes se sont rassemblés au parc des Buttes-Chaumont du XIXème arrondissement de Paris pour faire la fête. Les images ont choqué et n’ont pas tardé à faire réagir les politiques.

Un des jeunes à la fête explique au journaliste Clément Lanot, que c’est « une petite fête entre jeunes un dimanche ensoleillé, où tout le monde a besoin d’évacuer la semaine qui vient de se passer. En période de Covid, voir un peu de gens, ça nous rappelle des souvenirs d’avant, ça remonte le moral ».

Si un tel rassemblement sans respect des gestes barrières et sans port du masque pose évidemment problème dans un contexte où l’épidémie est loin d’être en train de se résorber, le gouvernement s’est empressé de l’instrumentaliser à des fins de culpabilisation individuelle et de répression, pour mieux cacher son absence de stratégie sanitaire.

Ainsi, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a condamné ces images sur LCI->https://www.lci.fr/politique/video-apres-les-images-de-la-fete-sauvage-aux-buttes-chaumont-la-classe-politique-reagit-2184440.html], les qualifiant de « pas admissibles » avant d’affirmer qu’il « faudra trouver les organisateurs. A chaque fois qu’il y a un événement comme celui-ci, il y a une enquête, on recherche les organisateurs et on les poursuit ». En effet, la fête à déjà été signalée auprès de la préfecture car selon lui, « Je ne suis pas sûr qu’on improvise une fête avec plusieurs centaines de personnes ».

Néanmoins, ce raisonnement reste à prouver car selon les informations données par le maire du 19e arrondissement sur BFM TV, ça serait une fête totalement improvisée, qui aurait commencé par un simple anniversaire fêté par un groupe d’amis munis d’une grande enceinte. Visiblement Attal ne verrait pas le problème de recevoir des invitations à des réunions clandestines de part de la bourgeoisie ni ne voit l’intérêt de s’empresser de les poursuivre en justice, mais quand il s’agit des jeunes.... la situation change. Un "deux poids deux mesures" qui n’est que l’expression d’une gestion répressive de la pandémie.

En effet, plusieurs dizaines de personnalités politiques et célébrités ont pu faire la fête en toute tranquillité dans des salons privés et se gaver de caviar et de champagne sans aucunement être inquiétés. Dans le même temps, on a vu par exemple des amendes de 405€ pour un verre de rosé sur la plage ou encore plusieurs dizaines de policiers mobilisés pour un simple barbecue en plein air à Saint-Denis. Plus encore, le gouvernement a profité de la situation pour, une fois de plus, culpabiliser la jeunesse, qui serait responsable de la situation en raison de fêtes et de rassemblements à répétition.

Pourtant, c’est ce même gouvernement qui tente de faire porter la responsabilité à la jeunesse qui maintient les écoles ouvertes sans aucun protocole sanitaire à la hauteur, laissant les personnels de l’éducation livrés à eux-mêmes pour gérer la crise dans les écoles et faire tout leur possible pour éviter une catastrophe. C’est ce même gouvernement qui, depuis la crise, tente de masquer son impréparation par des mensonges, et prouve de jour en jour un peu plus son incapacité à gérer la crise. S’en prendre à la jeunesse et lui faire porter le chapeau est en réalité bien pratique pour le gouvernement et lui permet de se dédouaner de la situation, comme il l’a fait récemment avec la rave party en Bretagne.

En réalité, si le rassemblement aux Buttes-Chaumont est loin d’être responsable dans une telle situation, il est bien le symptôme d’un mal-être profond d’une jeunesse soumise à une crise qui n’a pas l’air d’en finir, à un isolement depuis plus d’un an couplé à une précarité de plus en plus importante. Les petits plaisirs que retrouvaient les jeunes, déjà précaires, à retrouver ses amis, à tomber amoureux, sont aujourd’hui remplacés par des cours à distance, un studio de 10m2, à un avenir incertain et aux contradictions du gouvernement. Ce gouvernement qui se montre choqué par les images de cette fête mais pas par les images des énormes queues que font les jeunes pour recevoir des colis alimentaires.

Une fois de plus, plutôt que d’investir massivement dans la santé et d’embaucher largement dans les hôpitaux pour tenter de résoudre la crise, ou d’investir dans le secteur de l’éducation pour permettre aux universités de rouvrir sans mettre en danger nos vies et ainsi de faire face à la détresse étudiante, le gouvernement préfère investir dans la police et mettre en place des mesures répressives. Face à cette irresponsabilité, il est urgent de prendre nos affaires en main et d’exiger un véritable plan sanitaire à la hauteur de la situation.




Mots-clés

Covid-19   /    Crise sanitaire   /    Coronavirus   /    Politique