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« ONET malhonnête »

CHU de Montpellier. Les salariés du nettoyage en grève reconductible pour leurs salaires jusqu’à lundi

Après plusieurs débrayages, les salariés du géant du nettoyage ONET qui travaillent au CHU de Montpellier étaient massivement en grève ce vendredi. Ils ont décidé de reconduire la grève jusqu'à lundi, pour leurs salaires, leurs conditions de travail, et contre un management agressif.

Violette Guibert

15 septembre 2023

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CHU de Montpellier. Les salariés du nettoyage en grève reconductible pour leurs salaires jusqu'à lundi

Crédit Photo : Révolution Permanente

Dès 5 heures, ce vendredi matin, des travailleur·se·s du nettoyage de différents sites du CHU de Montpellier (Gui de Chauliac, la Colombière, Saint Éloi, Lapeyronie, Arnaud de Villeneuve, Bellevue, Antonin Balmes) se sont donné rendez-vous sur le site de Lapeyronie/Benech. Après avoir fait grève une heure mercredi et deux heures jeudi, les travailleurs démarrent leur première journée de grève complète dans une ambiance combative, avec 70 à 80 % des salariés mobilisés.

Une grève pour les salaires, les conditions de travail, contre un management abusif

Les grévistes exigent un treizième mois pour tous les salariés, afin de faire face à l’inflation, mais dénoncent également les cadences et les conditions de travail. Ils demandent notamment la fin d’un système de pointage, mis en place sans même qu’ils en soient informés. En effet, dans chaque pièce nettoyée, ils doivent badger à un dispositif informatique placé sur un mur, informant les managers de leur avancée. Une gréviste raconte : « Je m’occupe du service de cardiologie. En une journée de 7 heures, je fais entre 70 et 100 pièces ».

Les salariés se retrouvent ainsi obligés de badger en permanence, surveillés par des managers qui n’hésitent pas à les appeler pour leur demander de se justifier de tout retard pris, ou de la moindre pause pour aller aux toilettes. Un gréviste dénonce ainsi « un management par le contrôle ». Les grévistes demandent aussi davantage de temps pour faire leur travail, et soulignent que les cadences actuelles ne leur permettent pas de travailler en respectant les protocoles. À cela, s’ajoute la dénonciation de mises à pied abusives, au motif de la « qualité de travail », alors même que le sous-effectif et le management autoritaire de la direction ne permettent pas de travailler correctement.

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La colère est profonde : après avoir été en première ligne pendant la pandémie, ces travailleuses et travailleurs ont remercié·es avec la hausse des prix et la réforme des retraites. Une attaque qui ne passe pas, dans un secteur très féminisé où les temps partiels imposés sont la norme. Beaucoup font partie des plus impacté·es par la réforme et se préparent à partir à la retraite bien après 64 ans. « Ce qu’il faut, c’est que ça se généralise, qu’on lutte pour les générations futures », affirme l’un des grévistes qui a participé au mouvement contre la réforme des retraites.

Face au mépris de la direction, la grève est reconduite jusqu’à lundi

À 9 heures, les grévistes et leurs soutiens se sont rendus devant le bâtiment de la direction en chantant des slogans : « ONET profiteurs », « ONET malhonnête » ! Une réunion s’est ensuite tenue à 11 heures entre la déléguée syndicale de la CGT ONET locale et la direction, qui reste pour l’instant inflexible. En réponse, les travailleur·euse·s ont décidé de reconduire leur grève jusqu’à lundi soir. Sur le piquet, les salarié·e·s sont déterminé·e·s, et certain·e·s envisagent même une grève reconductible dans la durée, si cela s’avère nécessaire pour faire plier le patron.

Face à des logiques de sous-traitance sexistes et racistes, un management autoritaire et en une période de forte inflation, ces travailleuses et travailleurs montrent que les plus précaires peuvent relever la tête, et même remporter des victoires à l’instar de salarié·e·s du nettoyage des gares franciliennes de la même entreprise en 2017.

Développer l’auto-organisation de la grève pour gagner !

Face à une direction qui ne veut rien lâcher, la capacité des grévistes à s’organiser sera décisive. Pour que chaque salarié·e, syndiqué·e ou non, puisse s’investir dans la grève, il faut construire des assemblées générales. C’est le meilleur moyen pour décider collectivement des modalités de la grève, des revendications, mais aussi pour affronter les différents problèmes qui peuvent se poser au cours de la mobilisation. Par exemple, le manque d’argent va devenir une question centrale dans la perspective d’une reconductible, et le développement d’une caisse de grève alimentée par le soutien de la population peut résoudre en partie le problème. Aussi, face à une direction qui mène la vie dure aux salarié·e·s, les assemblées générales peuvent permettre d’organiser une riposte collective si l’un·e des grévistes se fait attaquer.

Les grévistes d’ONET montrent la voie à suivre en partant en grève reconductible, il faut les soutenir ! Pour cela, rendez-vous lundi dès 5 heures du matin et toute la journée sur leur piquet de grève, devant le bâtiment principal du site Lapeyronie/Benech.


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