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Colère de la première ligne

Cadillac. 10 jours de grève des agents de l’hôpital psychiatrique face aux menaces de la direction

Depuis 10 jours maintenant, une grève a lieu dans l'hôpital psychiatrique de Cadillac pour faire face aux attaques de la direction qui proposait une diminution des effectifs. Pour refuser cette casse, et exiger des moyens pour l'hôpital, une grève a été lancée et a obtenu nombre de leurs revendications aujourd'hui.

vendredi 21 mai

Ce vendredi, malgré la pluie, une centaine de personnes se sont retrouvées pour soutenir les travailleurs de l’UMD (Unité Malades Difficiles) de Cadillac, en grève depuis 10 jours à l’appel de la CGT. Étaient présents les grévistes,le camion de l’USD CGT avec ses drapeaux, mais aussi des organisations politiques comme Lutte Ouvrière et le NPA, ainsi que plusieurs élus municipaux, également Loïc Prudhomme, député LFI, et le maire de la commune. Après plusieurs prises de paroles, le rassemblement s’est suivi d’une Assemblée Générale des grévistes.

La grève a fait preuve d’une radicalité rarement vue dans le milieu hospitalier, avec un blocage total du centre, avec l’appui de plusieurs médecins, et qui s’est organisée démocratiquement quotidiennement dans des assemblées générales pour décider collectivement au jour le jour des suites de la mobilisation.

Sonia, secrétaire générale du syndicat CGT Cadillac, et Jocelyne représente syndicale, reviennent dans l’interview qu’elles ont accordé à Révolution Permanente, sur ce qui les a amenées à appeler à la grève. C’est notamment suite à « la publication d’un document de travail de la direction qui proposait une diminution des effectifs sur l’UMD » nous dit Sonia, qui pour elle, constitue une énième aggravation de l’état de l’hôpital public, et ce, en pleine crise sanitaire. Suite à ces attaques, le syndicat CGT Cadillac a déposé le 4 mai un préavis de grève, en exigeant le retrait total du contenu d’une des pages du document transmis par la direction : « Le respect de l’engagement pris par la direction, suite à la grève de 2019, d’inscrire le travail réalisé par le pôle PML, dans ce même PMS, présenté à l’ARS. Ceci s’inscrivant dans le cadre du suivi du protocole d’accord de 2014 ». Ce qu’ils exigent aussi, c’est des moyens ainsi que du personnel « Le recrutement immédiat d’IDE, d’Aides Soignantes et d’ASH, sur les postes vacants, au grade de stagiaire de la FPH » mais aussi la titularisation du personnel. Une autre revendication qui est posée, c’est le rétablissement de la bourse d’étude dès la 2ème année pour les étudiants infirmiers, qui avait été proposée d’être retirée par la direction.

Dans leur tract, la CGT affirme vis-à-vis de la direction : « Au final effectivement, ce n’est pas une négociation, mais une mascarade. Donc nous informons la direction de la poursuite du blocage de grève, comme convenu lors de l’AG, en l’absence d’accord. Assemblée générale à 13h30 tous les jours du lundi au vendredi devant l’UMD, ouvert à toutes et tous. »

Plus loin, elle explique ceci : « A ce jour, sans négociations avec la direction, la grève se poursuit avec le blocage de l’UMD. Alors même qu’un nouveau décret est encore sorti concernant l’isolement et la contention rien n’est fait, bien au contraire, pour donner au personnel les moyens de diminuer ces pratiques. Car chacun le sait, en psychiatrie, ce qui augmente l’isolement et la contention c’est principalement le manque d’effectif, stable et formé. »

Si l’Assemblée Générale de ce vendredi a finalement mis fin à la grève, c’est qu’après plusieurs jours de blocages, la direction a fini par céder sur la plupart des revendications. Pour Sonia et Jocelyne, c’est grâce à l’interpellation des élus que le rapport de forces a fait céder la direction. La colère qui s’exprime aujourd’hui dans divers services de l’hôpital public montre la saturation de ceux qui sont en première ligne, saturés par la crise sanitaire et notamment le manque de moyens.




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