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Lu sur Rouen dans la Rue

Caen. Une assemblée de Gilets Jaunes se tient dans un squat de migrants

Des Gilets Jaunes caennais nous envoient ce récit. Il date du 22 décembre. S’il s’en est passée de belles depuis, cette journée caennaise nous semblait particulièrement intéressante pour être retranscrite ici. Entre assemblée d’organisation et porosité avec les réseaux de solidarité aux migrants, ces initiatives viennent donner une texture prometteuse au mouvement des Gilets Jaunes.

mardi 8 janvier

Lu sur Rouen dans la Rue

« L’Etat ne permet pas nos assemblées générales alors ce sont les migrants qui nous accueillent ici »

Ah ! Pas loin de 400 personnes se sont retrouvées au squat du Marais vendredi 22 décembre. Ce squat il s’est ouvert pendant la lutte des cheminots au printemps dernier, il fait bien 50000m² et plus de 200 personnes y vivent. Il s’est ouvert pour les sans-papiers et pour la convergence des luttes. Il trouve ici une application bien concrète. Les demandes de salle pour la réunion ont été refusées tant et si bien que comme le rappelle une personne, d’entrée de cette AG, « l’Etat ne permet pas nos AG alors ce sont les migrants qui nous accueillent ici. » Ce retournement est accueilli sous les bravos et les quelques fachos ronchonnent de se voir mis à l’amende.

Il fallait bien ce squat énorme pour que cette AG puisse se tenir. Avant 20h le défilé des voitures n’en finit pas d’impressionner, on aurait jamais cru qu’il y aurait tant de monde. Tout le monde avait un peu baissé la tête le week-end dernier, quand sous la pluie gelée et les forces policières nous étions complètement désorganisés et impuissants. Là on sent que c’est loin d’être fini, qu’il y a de la revanche dans l’air. On est à 3 jours de Noël et les gilets jaunes entendent le passer à continuer à tisser les liens dans cette nouvelle famille. Dans un des hangars du Marais, c’est une de ces « AG de ville » tant espérée par les mouvements sociaux qui prend forme, envoyant balader encore une fois les schémas habituels. Des gens sont venus des villes alentours pour prendre le pouls et chacun constatant le nombre il y a déjà là quelque chose d’une victoire.

D’un niveau 1 : action pacifique sans risque à un niveau 4 : « Vous voulez faire usage de la force ? On vous attend ! »

Les discours reprennent à la volée, l’importance du R.I.C, ou combien il nous enfermerait. Mais ce qui revient le plus c’est ce qui tourne autour de l’action. Il faut que cette AG soit suivie d’une action et il faut que demain marque encore les esprits. Alors on s’organise. Les actions doivent être nivelées pour que chacun puisse s’y retrouver et qu’on oppose surtout pas les degrés de conflit. D’un niveau 1 : action pacifique sans risque à un niveau 4 : « Vous voulez faire usage de la force ? On vous attend ! », on établit ainsi le périmètre des actions pour les heures à venir. Des commissions sont décidées, s’y inscrit qui veut et une nouvelle AG est programmée pour la semaine suivante.

À présent on part de l’AG pour reprendre un rond point qui fut l’emblème du début de mouvement à Caen, le rond point bleu d’Ifs. Érigé au dessus du périphérique il est un des points d’entrée au sud de la ville et il est situé dans une zone d’activité. Les premiers jours du mouvement il était complètement occupé par des centaines de personnes qui évidement sont vite descendues s’installer aussi sur le périph. Ainsi pendant 2 jours entiers, le périph était fermé à cet endroit et jalonné sur 500m de feux constants, de barricades, de cabanes etc. La nuit et la fête faisant sont œuvre, les gendarmes après plusieurs échecs sont parvenus à le reprendre un petit matin sans autres oppositions que quelques gilets fatigués. Ce vendredi soir il est repris par 200 personnes. Les feux s’installent, les flics repartent après avoir exigé que le périph ne soit pas investi. Dans la nuit bien sur, le périph est investi.




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