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Vers le floutage obligatoire

Castaner veut empêcher de filmer les violences policières

Selon des informations recueillies par Mediapart, une étude des « évolutions juridiques » aurait été lancée par le Ministère de l’intérieur pour restreindre le droit de filmer les policiers, et notamment rendre obligatoire le floutage systématique de ces derniers.

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Crédit photo : Anne-Christine Poujoulat. AFP

La famille de Cédric Chouviat, décédé à la suite de son interpellation, peut en témoigner : la police n’aime pas qu’on la filme. Le père de famille, livreur à scooter, subissait en effet un placage au sol au cours de son interpellation et décédait d’asphyxie quelques heures plus tard car il avait eu le malheur de filmer les policiers qui procédaient à son interpellation.

De même, le cas des nombreux journalistes indépendants qui se sont vus interpellés, mis en garde à vue et tabassés montre à quel point la police chercher à tout prix à réprimer ceux qui filment les manifestations et les violences policières et créent ainsi des preuves de la répression.

Pourtant, la loi autorise aujourd’hui à filmer des policiers dans l’espace public, et également à diffuser ces vidéos. Seuls certains cas concernant des services spécifiques de la police comme l’antiterrorisme obligent à flouter le visage de ces derniers. Cependant, cette règle pourrait bien s’étendre à l’ensemble des services de police.

Répondant aux demandes des syndicats de police les plus à droite, tels que le syndicat Alliance, le ministère de l’Intérieur serait en train de réfléchir à restreindre le droit de diffuser les vidéos des policiers.

En effet, contacté par Médiapart, le secrétaire général adjoint du syndicat aurait déclaré : « Christophe Castaner nous a répondu en février 2019. Le ministre émet des réserves sur la possibilité de revoir le droit de filmer mais il nous a affirmé qu’une étude juridique était en cours pour encadrer de façon plus stricte la diffusion des vidéos. Il serait question de rendre obligatoire l’anonymisation des policiers lors de la diffusion des vidéos, en les floutant par exemple. »

Alors que la plupart des policiers ne respectent absolument pas l’obligation de porter leur RIO (numéro d’identification) et masquent leur visage, le Ministre veut leur donner un peu plus de liberté de frapper en toute impunité et sans peur des conséquences. A l’heure actuelle, malgré les vidéos de violences policières qui se multiplient et le nombre de blessés et de morts par la police qui ne cesse d’augmenter, quasiment aucun policier n’est condamné, toujours protégé par l’IGPN.

Cette potentielle mesure vise en réalité à restreindre l’ensemble des vidéos de violences policières qui sont un réel problème pour la réputation d’un gouvernement qui a de plus en plus de mal à nier le caractère systémique de ces violences.


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