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Chine. Un régime néfaste qui humilie la population sous prétexte de lutte contre le virus

Des personnes ligotées en pleine rue, criminalisation des gestes les plus banals… Après les mesures spectaculaires, place à la répression de la population, notamment les plus pauvres.

vendredi 21 février

Le monde a été mis en état d’alerte face à la peur d’une épidémie internationale d’un virus inconnu. Le monde a été aussi impressionné par les mesures spectaculaires et drastiques mises en place par le régime chinois pour contenir la l’épidémie de coronavirus (Covid-19). En effet, le pouvoir central chinois a décidé de mettre en quarantaine d’abord la ville de Wuhan, épicentre de l’épidémie, et ensuite l’ensemble de la province de Hubei. Autrement dit : près de 60 millions de personnes. Une mesure radicale sans doute jamais vue dans l’histoire de l’humanité. Parallèlement à cela, des usines ont été fermées, le férié du nouvel an lunaire prolongé, deux hôpitaux construits en quelques jours.

Cependant, l’envers du décor de cette action « spectaculaire » des autorités chinoises semble être des plus néfastes, notamment pour les populations les plus pauvres. Nous avions déjà pointé que c’est effectivement la classe ouvrière, les pauvres urbains et les paysans les plus exposés au virus. Nous avons récemment également pointé comment cette épidémie mettait à nu les fragilités et contradictions du régime chinois. Mais il existe un autre aspect lié à ces deux derniers qui a très peu de couverture dans les médias occidentaux pour le moment : la répression, les violations accentuées des droits de la population et surtout les humiliations auxquelles le pouvoir soumet les classes populaires.

Évidemment, la censure sur les réseaux sociaux chinois n’est pas pour rien dans ce lock-out médiatique à propos de la répression. Cependant, ces derniers jours de plus en plus de vidéos tournent sur les réseaux sociaux comme Twitter où le pouvoir de Pékin a moins de capacités de censure. Ainsi, nous pouvons avoir accès à un petit aperçu des conditions dans lesquelles se trouve la population mise sous quarantaine à Hubei.

Dans plusieurs vidéos nous pouvons voir en effet des scènes de répression où la police s’attaque à des personnes ne portant pas de masque dans les lieux publics. Ainsi, sur la vidéo ci-dessous nous pouvons voir des personnes ligotés entre elles, amenés par la police en pleine rue car elles ne portaient pas de masque ; une humiliation publique pour l’exemple.

Sur cette autre vidéo, un homme âgé est arrêté par la police qui lui demande pourquoi il ne porte pas de masque. Le vieil homme a beau leur expliquer qu’il en a un, qu’il habite à côté et qu’il est sorti brièvement de chez-lui, il sera amené à un hôpital pour subir des tests et comme punition, il y sera retenu pendant 14 jours. Il ne pourra finalement même pas prévenir sa famille.

Mais les humiliations et la répression vont plus loin. Sur une autre vidéo, on voit un homme attaché à une colonne et être réprimandé par un agent de police. Mais sur une autre vidéo, on voit un groupe de voisins attraper un homme, l’attacher aussi à une colonne et l’obliger à mettre un soutien-gorge comme masque.

Un nombre important de vidéos montre également la traque des autorités chinoises contre les joueurs de Mahjong, un jeu de société très populaire ressemblant aux dominos. Les autorités ont interdit de jouer au Mahjong car il s’agit d’un jeu collectif et donc une source potentielle de transmission du virus. Les images de la répression sont très violentes. On voit souvent des policiers arriver dans des maisons, confisquer les jetons et ensuite procéder à la destruction des tables où l’on jeu au Mahjong.

Mais l’humiliation et la répression contre les secteurs populaires ne s’arrête pas là. Des vidéos montrent des policiers, avec une claire haine de classe, piétiner et détruire la marchandise sur un marché de légumes improvisé. Et cela même alors que l’on fait état de pénuries de certains aliments à cause des difficultés liées à la quarantaine.

En effet, cette répression est le pendant d’une politique très spectaculaire mais qui n’a démontré en rien son efficacité pour contenir l’épidémie. Le symbole le plus parlant de cela ce sont sans doute les images de l’hôpital construit en quelques jours où l’on voit l’eau tomber du plafond, les patients sur des lits flanqués de sceaux pour retenir l’eau coulant du plafond.

Mais précisément, cette répression combinée à une épidémie qui pour le moment ne faiblit pas, rendant encore plus insupportable le caractère arbitraire du régime chinois, pourrait devenir une source de contestation sociale. Il est encore trop tôt pour l’affirmer mais les tensions sociales récentes à Hong Kong et dans d’autres régions du pays montrent que les autorités ne sont pas à l’abri d’une contestation plus large de la légitimité de leur pouvoir.

Dans ce contexte les déclarations du nouveau ministre de la santé français, Olivier Véran, ne peuvent relever que du cynisme et sont révélatrices de la nature de classe du gouvernement Macron. Il a ainsi déclaré au micro de France Inter : « la Chine a un système sanitaire (…) de grande qualité (…) ils sont une capacité de réactivité, qu’ils ont pu nous démontrer notamment en réalisant l’exploit de construire un hôpital (…) de grande taille en quelques jours seulement. La Chine a pris ses responsabilités en mettant en place des mesures de confinement très rapidement. Après je ne suis pas sûr que ce serait possible de réaliser tout cela dans un pays dans lequel les réseaux sociaux seraient ouverts… ».

Mais alors, si ces mesures sont tout à fait ce qu’il fallait faire, pourquoi ce ne serait pas possible de les appliquer « dans un pays où les réseaux sociaux seraient ouverts » ? Précisément parce que ces mesures relèvent d’une logique arbitraire et de répression plus que d’une logique de prévention et de lutte contre l’épidémie, comme les images qui commencent à arriver nous le montrent.

Quoi qu’il en soit, une chose est sûre, tôt ou tard les travailleurs, les classes populaires et les paysans chinois se réveilleront et feront payer très cher toutes ces humiliations aux autorités de ce régime néfaste.




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