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Jeunesse

Plus de moyens à l'Université !

Clusters dans les facs. 32% d’étudiants testés positifs à la fac de Compiègne

Ce jeudi 1er octobre, l'Université de technologie Compiègne a fermé ses portes après que 183 étudiants sur 574 ont été testés positifs au coronavirus. Un chiffre alarmant alors que Frédérique Vidal ne propose aucune mesure à la hauteur et fait peser la responsabilité de la situation sanitaire des universités sur le comportement individuel des étudiants.

jeudi 1er octobre

Après une campagne de dépistage dans l’université technologique de Compiègne, presque un tiers des étudiants se sont révélés positifs au covid-19. Suite à l’annonce des résultats, l’administratrice de l’université a fermé les lieux, imposant des cours en distanciel à plus de 3000 étudiants

Si la situation dans les universités est catastrophique depuis la rentrée avec des mesures sanitaires totalement insuffisantes, le cas de l’université technologique de Compiègne est l’image la plus frappante du désastre sanitaire qui se profile dans l’Enseignement Supérieur. Salles de cours et les amphis bondés à cause du manque de place et de personnels, files d’attente à rallonge et manque de matériel sanitaire : pas ou peu de gel hydro-alcoolique ni de masques. Dans des Universités démantelées par les réformes successives, la distanciation sociale est impossible et la crise sanitaire révèle un cruel manque de moyen, qui devient chaque fois plus flagrant à mesure que les effectifs augmentent dans l’enseignement supérieur tandis que les budget restent constants. Aujourd’hui, l’exigence de moyens à la hauteur d’un plan sanitaire correct dans les universités devient une question de vie où de mort pour certains étudiants et travailleurs exposés à de plus grands risques de contamination.

Un tiers des clusters sont ainsi à dénombrer dans les universités et les écoles, mais Frédérique Vidal continue d’expliquer que le problème ce sont les activités extérieures des étudiants et les soirées étudiantes. Une position de plus en plus intenable alors qu’il est clair que ce qui est responsable c’est le manque de mesures sanitaires à la hauteur et notamment de centres de dépistages. De fait, dans la plupart des Universités, faute de centres de dépistages, ce sont surtout les clusters privés qui sont tracés, moins ceux liés à l’activité scolaire. Si la petite Université de Compiègne rassemble autant de cas, qu’en est il des campus parisiens qui rassemblent des dizaines de milliers d’étudiants ? Il est clair lorsqu’on voit par exemple que 12% des étudiants en troisième année de la faculté de médecine de Lille ont été testés positifs que les contaminations sont liées à la reprise des cours.

Le chantage qui est fait entre le tout présentiel sans moyens humains et matériels, sans prévention et traçage des cas, ni masques gratuits, ou le distanciel inégalitaire pour les plus précaires doit cesser. Le cas de Compiègne montre l’importance de revendiquer des dépistages massifs et accessibles dans les Universités, dans une situation de saturation des laboratoires, ainsi que la transparence sur l’évolution de l’épidémie. Cela doit être lié à une politique d’investissement massif dans l’Enseignement supérieur, à rebours des mesures austéritaires, pour permettre que tout le monde puisse suivre ses études dans les meilleures conditions et que le personnel administratif et enseignant de l’université ne soit pas surchargé devant l’organisation au pied levé de solutions bancales face à la crise sanitaire.




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