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Quand les milliardaires profitent de la crise

Colère devant le siège du Groupe Mulliez : « On est cassés par le travail avec une paye de misère »

À l'appel de la CGT Fédération Commerce Service ce jeudi, les salariés du groupe Mulliez se sont rassemblés à Croix dans le Nord pour protester contre les licenciements en cascade. Un premier acte dans la construction d’une lutte commune contre les licenciements et les fermetures d'entreprises.

jeudi 8 octobre

Ce matin du jeudi 8 octobre 2020, c’est environs 400 personnes qui ont répondu à l’appel de la Fédération Commerce Service de la CGT devant le siège du groupe Mulliez à Croix dans le Nord. Ce sont donc des travailleurs syndiqués de Auchan, Leroy Merlin, Alinea, Simply Market, Chronodrive ou encore Flunch qui se sont rassemblés pour un meeting commun et une petite manifestation qui démarrait devant le siège social du groupe jusqu’au siège social d’Auchan Retail.

Ce rassemblement aux allure de contestation et de lutte des classes est un acte symbolique fort de la part des représentants syndicaux, rassemblant des travailleurs venus de partout en France et représentant toutes les filiales du Groupe Mulliez. Rappelons que le groupe a usé de tous les coups tordus possibles pour multiplier les plans de licenciements alors même que le groupe versait 2 milliard d’euros de dividendes à ses actionnaires et profitait de 500 millions d’euros de CICE.

Sur place, les représentants syndicaux présents ont tenu un discours de lutte contre les licenciements et ont réclamé que la famille Mulliez rende l’argent du Crédit Impôt Compétitivité Emplois tout en faisant le lien avec les services publiques qui manquent cruellement de moyens, notamment les hôpitaux face à la crise sanitaire. Ils dénonçaient aussi leurs promotion « en héros » pendant le confinement, qui se retrouvent aujourd’hui sacrifiés par le patronat. En effet, ce sont pas moins de 1475 postes qui ont été supprimés dernièrement.

Delhila hôtesse d’accueil à Auchan près de Toulouse, craint la disparition des caissier.ères, remplacés par des automates, ainsi que l’arrivé prochainement d’un accord de performance collective : « APC = AVC, parce que c’est violent, avec ça ils pourront vous changer le taux horaire, votre contrat n’existera plus, il pourra passer de 35 à 20 heures, ont pourra vous changer votre salaire... » déclare-t-elle avant de dénoncer des conditions de travail indignes. « On est cassés par le travail avec une paye de misère ». De son côté, Bruno, délégué CGT du Service après vente de Auchan, dénonce le fait que 490 postes soient menacés de licenciements alors que l’enseigne « ne perd pas d’argent » mais « en gagne ! ».

Ce rassemblement constitue un premier acte qui ne doit cependant pas s’arrêter à de simples actions d’appareil syndical, mais qui doit permettre une mobilisation à la base de l’ensemble des salariés touchés par les suppressions de postes et les licenciements. La présences des Cargill, en lutte depuis novembre 2019 suite à un PSE qui licencie plus de la moitié des employés de l’usine de Haubourdin, en soutien aux salariés du groupe Muliez, montre que la convergence des luttes est une nécessité urgente dans la situation pour faire front face aux attaques des capitalistes. C’est bien la base qui doit se mettre en lutte contre ces licenciements en cascade pour tisser des liens entre tous les secteurs et dans le but de créer un rapport de force contre les licenciements et les fermetures d’usines et d’entreprises. Une convergence des luttes est en train de se construire dans le Nord de la France sous l’impulsion notamment des Cargill et de la plate-forme qui recense les PSE en France qu’ils ont contribué à construire via le site stopliecenciement.fr

Les deux revendications sectorielles des travailleurs du Groupe Mulliez, à savoir faire reconnaître l’unité sociale et économique de la famille Mulliez pour dénoncer les liquidations et rachat par le même groupe de ses entreprises et le remboursement des 500 millions d’euros du CICE, doivent être un premier point d’appui pour constituer une stratégie offensive de la part des salariés et appeler à un rassemblement de l’ensemble des travailleurs en lutte, au-delà des affiliations syndicales, pour interdire les licenciements et exiger un contrôle ouvrier sur les entreprises.




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