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Anderlecht

Confinement en Belgique : mort d’Adil, alors qu’il fuyait un contrôle de police

Adil, un jeune de 19 ans, est mort dans une course poursuite avec la police, percuté par une voiture de police qui allait en sens inverse à Anderlecht, en périphérie de Bruxelles. Adil, un autre mort aux mains de la police dans les quartiers populaires.

lundi 13 avril

Vendredi 10 avril, Adil, un jeune de 19 ans est décédé. Vers 21h, Adil, poursuivi par la police, essaye d’échapper en scooter. Alors qu’il tente de dépasser une camionnette, la BAC décide d’intervenir et arrive à toute vitesse en sens inverse le percutant de plein fouet. Adil meure sur le coup. La police affirme que c’est le scooter qui aurait percuté la voiture mais cela reste à prouver car plusieurs témoins défendent le contraire.

La raison ? Avoir sorti en période de confinement. S’il a fui c’est bien pour échapper des amendes disproportionnées qui peuvent représenter de 20 à 40 % des revenus mensuels. Sortir en période de confinement ne peut pas être une raison valable pour mourir. Cette réaction du jeune homme est aussi le résultat d’années de répression de la police dans les quartiers populaires que les jeunes racisées subissent quotidiennement. Adil a fuit par crainte d’une amende et par le danger que représente l’intervention de la police les quartiers populaires qui jouissent de toute impunité.

La famille, dévastée, dénonce la répression policière diffusant le message : « Je suis Adil. Je ne suis pas un criminel. Je suis mort parce que j’ai eu peur. Paix et justice pour Adil ! », exigeant des comptes à la police, ce à quoi le Bourgmestre (équivalent au maire) d’Anderlecht a répondu en assurant qu’une enquête judiciaire a été ouverte essayant de calmer la population.

Cependant, la mort d’Adil semble être la goutte qui fait déborder le vase. Le lendemain un appel à un rassemblement a été fait pour exiger justice pour Adil, ce qui s’est transformé en émeutes de jeunes dénonçant la répression dans les quartiers, qui ont duré jusqu’au dimanche. Le Bourgemestre d’Anderlecht a tenté de criminaliser de de dépolitiser cette colère, affirmant que les jeunes serraient venus « pour casser ». Une centaine de personnes ont été arrêtées.
De plus, des organisations se sont regroupées afin de dénoncer les violences policières et soutenir la famille d’Adil, en appelant à l’action. Elles appellent à exprimer du soutien aux proches d’Adil lors des applaudissements à 20h à partir du lundi 13 avril.

Le décès d’Adil nous rappelle qu’en cette période de confinement, les habitants des quartiers populaires ne sont pas seulement en première ligne dans cette crise sanitaire mais doivent subir quotidiennement des répressions policières qui ne font que s’amplifier.




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