^

Monde

ETATS-UNIS

[DIRECT] Les résultats de l’élection certifiés par le Congrès, Trump annonce que la transition aura lieu au 20 janvier

La victoire de Biden vient d’être validée par le Congrès, après l’envahissement du Capitole par plusieurs centaines de manifestants pro-Trump pour contester les résultats des élections. Trump vient d’annoncer une transition « ordonnée » bien qu’annonçant être en désaccord avec les résultats. Les émeutes d'hier soir ont fait 4 morts et une cinquantaine de blessés.

jeudi 7 janvier

À l’appel de Trump, plusieurs centaines de manifestants étaient réunis aujourd’hui devant le Capitole à Washington pour protester contre le résultat des élections qui devait être certifié par le Congrès. A l’issue du rassemblement, une partie des manifestants ont pénétré dans le Capitole, provoquant l’évacuation des membres du Congrès et la suspension des votes.

À l’échelle internationale, des réactions contre l’intrusion des manifestants pro-Trump en défense du maintien de l’ordre

Quelques heures après l’intrusion des manifestants pro-Trump dans l’enceinte du Capitole, Emmanuel Macron s’est exprimé depuis l’Élysée, pour dénoncer les heurts à Washington. On a vu le deux poids deux mesures en termes de répression, dans les événements d’hier où la police a ouvert les portes aux militants d’extrême droite pour entrer plus facilement, et à son inverse, le mouvement Black Lives Matters, qui, dénonçant le racisme structurel et les violences policières, a été particulièrement réprimé par les forces de police. « Nous ne céderons rien à la violence de quelques-uns qui veulent remettre en cause la démocratie » a déclaré solennellement Macron, dans un discours voulant se montrer ferme et responsable : « C’est notre choix, depuis plusieurs siècles, de mettre la dignité humaine, la paix, le respect de l’autre, la reconnaissance de la liberté au-dessus de tout, qui est aujourd’hui menacé dans nos démocraties. Je veux dire notre confiance dans la force de la démocratie américaine. Je veux dire notre amitié à l’égard du peuple et de la démocratie américaine. Je veux dire notre lutte commune pour que nos démocraties sortent plus fortes de ce moment que nous vivons tous aujourd’hui  ». Un discours au vernis ’démocratique’, débordant de démagogie, et surtout d’hypocrisie, alors que son gouvernement, comme celui de Trump, a réprimé durement les mouvements qui l’ont contesté, et est en train d’opérer un réel tournant sécuritaire qui restreint les libertés démocratiques les plus fondamentales de la population.

On voit donc que ce soit aux USA ou en France, l’extrême-droite n’est pas réprimée par la police, parce qu’elle ne fait pas peur à la bourgeoise, elle ne menace pas l’ordre établi, au contraire. En parallèle, on voit que même si la victoire électorale de Biden est sure ces évènements ont montré que son mandat ne sera aps un long fleuve tranquille. Cela présage un scénario d’approfondissement de crise et de polarisation sociale et politique pour le projet impérialiste des États-Unis, sur le plan national comme international. C’est un nouveau chapitre qui annonce toujours plus d’instabilité pour la première puissance impérialiste mondiale, dans le sillage du mouvement BLM qui avait secoué le pays.

« Donald Trump a déclenché un carnage » écrit le USA Today : de manière assez unanime, ces événements ont été vivement critiqués par la presse et la classe politique internationale, pointant la responsabilité de Donald Trump, qui bien qu’il ait annoncé que la transition doive être ordonnée, condamne sans concessions les résultats de l’élection de 2020.

Sans surprise, les troubles de mercredi soir on fait couler beaucoup d’encre dans la presse nationale et internationale et sur les réseaux sociaux. Plusieurs quotidiens nord-américains ont publié des images de l’envahissement du Capitole au lendemain des événements, en caractérisant celui-ci parfois comme une « prise d’assaut », « l’anarchie » voire même allant jusqu’à qualifier d’« insurrection ». Selon le journal allemand Bild, c’est une tentative de coup d’état dans la première puissance mondiale, pour qui il s’agit de « la pire attaque politique de leur histoire ». Du côté du NY Times, parle de « démocratie assiégée », tandis que le Daily Express qualifie ces événements « d’anarchie aux États-Unis ». L’envahissement du Capitole et les réactions présagent un scénario d’approfondissement de crise et de polarisation sociale et politique pour le projet impérialiste des États-Unis, sur le plan national comme international.

Après les incidents au Capitole, des démissions attendues à la Maison Blanche

Stephanie Grisham a annoncé quitter son poste de chef de cabinet de Melania Trump après l’envahissement du Capitole par des partisans pro-Trump. Son communiqué ne mentionne pas les troubles au Capitole, mais selon Reuters une source proche aurait déclaré qu’il s’agissait de la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Rickie Niceta et Sarah Matthews, membres de l’équipe de communication de la Maison Blanche, ont également annoncé leur démission selon Reuters. Pour l’instant, la Maison Blanche n’a pas répondu aux sollicitations de commentaires.

En effet, l’attaque par les partisans de Trump lors de la session de certification de la victoire électorale de Biden laisse présager une plus grande instabilité dans la première puissance impérialiste mondiale, tant au niveau national qu’international. C’est un nouveau chapitre qui approfondit la polarisation sociale et politique aux Etats-Unis.

10h30 : Certification de l’élection de Biden validée par le Congrès

Ce matin, le Congrès a finalement certifié le résultat des élections. Après l’interruption liée à l’irruption dans le Capitole de manifestants pro-Trump, les représentants du Congrès avaient finalement repris leur session. Celle-ci a pris fin au petit-matin ce jeudi.

De son côté, Donald Trump a annoncé qu’une transition aurait bien lieu le 20 janvier. CNN rapporte les propos du Président, dont les réseaux sociaux ont été coupés hier soir, qui a expliqué : "Même si je suis en désaccord total avec le résultat des élections, et les faits me donnent raison, néanmoins il y aura bien une transition ordonnée le 20 janvier."

Une femme abattue lors de l’invasion, quatre morts au total

Selon CNN, la victime a reçu une balle dans la poitrine, été emmenée à l’hôpital et est décédée mercredi après-midi. Elle aurait participé à l’envahissement et été succombé à ses blessures par la police du Capitole.

Selon Le Monde, trois autres personnes, une femme et deux hommes, sont mortes dans les environs du Capitole. Les causes de leur décès ne sont pas encore connues.

La police a ouvert les portes du Capitole aux partisans de Trump

Alors que la foule de partisans de Trump a pris d’assaut le Capitole américain hier soir, la police de Capitol Hill est restée les bras croisés, déplaçant des barrières pour les laisser entrer et allant même jusqu’à prendre des selfies avec des membres de l’émeute. De nombreuses vidéos diffusées sur tous les réseaux sociaux montrent la police du Capitole en train d’ouvrir les portes et de retirer les barrières qui se dressaient entre la foule des manifestants et le bâtiment du Capitole. À l’intérieur du bâtiment également, on voit les policiers n’offrir aucune résistance – et même battre en retraite – alors que les émeutiers s’avancent de plus en plus loin dans le bâtiment.

23H00 : Twitter bloque temporairement le compte de Donald Trump pour "violations graves"

"En raison de la situation violente sans précédent en cours à Washington DC, nous avons exigé le retrait de trois tweets @realDonaldTrump qui ont été postés aujourd’hui, pour des violations graves et répétées de notre politique d’intégrité civique."

C’est par ces mots que commence la publication du compte Twitter Security, dans lequel il annonce le retrait du contenu publié par le président sortant et la suspension temporaire du compte, jusqu’à ce que ces tweets soient supprimés. Et il prévient que si ce dernier ne se produit pas, le compte restera bloqué.

"Cela signifie que le compte de @realDonaldTrump sera bloqué pendant 12 heures après la suppression de ces Tweets. Si les tweets ne sont pas supprimés, le compte restera bloqué." La plateforme a averti qu’une suspension permanente pourrait être envisagée si Trump continue d’enfreindre les règles de Twitter.

La décision sans précédent de la société est intervenue après la publication d’une vidéo par Trump appelant les manifestants à se retirer mais parlant à nouveau de "vol" en référence à l’élection. En outre, il a également défini comme "patriotes" les suprémacistes qui ont fait irruption au Capitole.

Depuis la Maison Blanche, il a déclaré dans la vidéo : "Je sais que vous êtes blessés par la façon dont l’élection nous a été volée, mais il est temps pour vous de rentrer chez vous en paix. Il s’agit d’une élection frauduleuse, mais nous ne pouvons pas jouer le jeu avec ces gens. Nous avons besoin de paix, alors rentrez chez vous. Nous t’aimons, tu es très spécial". Il a noté que les actions violentes qui ont été enregistrées "sont quelque chose qui arrive quand une victoire sacrée absolue leur est retirée d’une manière aussi peu cérémonieuse et violente."

Mais Twitter n’a pas été la seule entreprise à prendre des mesures contre le président, puisque Facebook a pris des mesures similaires par la suite. "Nous avons évalué deux violations de la politique à l’égard de la page du président Trump, ce qui entraînera un blocage de 24 heures, ce qui signifie qu’il perdra la possibilité de poster sur la plateforme pendant cette période", a déclaré un porte-parole de la société dirigé par Mark Zuckerberg.

Crédits photo : Keystone




Mots-clés

Elections 2020 aux Etats-Unis   /    Joe Biden   /    Donald Trump   /    Etats-Unis   /    Monde