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Décrocheurs de portraits : huit militants écolos reconnus coupables de « vols en réunion »

Ce mercredi 16 octobre, huit « décrocheurs » ont finalement été condamnés à verser 500 euros d’amende chacun et reconnus coupable de « vol en réunion ».

mercredi 16 octobre

Crédit photo : Sergio Perez / Reuters

Ce mercredi 16 octobre, le tribunal de Paris a rendu sa décision sur le procès de huit militants d’ANV COP21 jugés pour avoir décroché des portraits d’Emmanuel Macron. Accueillis par une haie d’honneur lors de leur comparution le 11 septembre, les « décrocheurs » ont finalement été condamnés à verser 500 euros d’amende chacun mais ont surtout été reconnus coupable de « vol en réunion ».

Évidemment, en réalité, ce n’est pas un vol qui est ici condamné mais bien la volonté de ces militants écolos de remettre en question la crédibilité de Macron lorsqu’il se présente comme un allié de la cause climatique. En effet comme l’expliquait les militants il s’agissait, par cet acte, de mettre en avant la « menace » du réchauffement climatique et « l’inaction » du gouvernement.

Depuis la rentrée de nombreux procès de décrocheurs ont eu lieu et des condamnations différentes ont été prononcées. Lors du procès parisien, la Cour a décrété que l’ « état de nécessité n’était pas constitué ». En effet, deux décrocheurs avaient été relaxés à Lyon en septembre justement pour ce motif. Le juge avait alors déclaré, avoir relaxé les accusés « au bénéfice de l’état de nécessité » et que « le décrochage et l’enlèvement sans autorisation de ce portrait dans un but voué exclusivement à la défense de cette cause (...) doit être interprété comme le substitut nécessaire du dialogue impraticable entre le président de la République et le peuple. »

Ces décisions discordent mais cela n’est pas dû au hasard. D’abord, la décision lyonnaise avait été très contestée, notamment par le parquet de Lyon qui déclarait « L’infraction est selon nous constituée et nécessite une sanction. L’état de nécessité ne tient pas ». En outre, La décision du tribunal de Paris arrive après une semaine marquée par des actions de désobéissance civile importantes : l’occupation d’Italie II, du Châtelet et devant l’Assemblée Nationale qu’il est de plus en plus difficile de laisser sans réponse répressive. Comme l’expliquait Emile Meunier, avocat dans un article pour le Huffington Post avant le résultat du procès : « une relaxe ouvrirait forcément la voie à un début de jurisprudence qui tendrait alors à légitimer la désobéissance civile. Une voie déjà balisée par le tribunal lyonnais. »

Ainsi, plus généralement, cette offensive judiciaire contre des militants écologistes est à rapprocher de la répression subie par ceux qui remettent en cause la politique du gouvernement et s’insurgent contre le système. Cette répression, policière ou judiciaire, s’abat sur toutes les formes de mobilisations, même celles dont certains pointent l’insuffisante radicalité. Une conclusion qui invite à lutter pour plus de convergence entre des luttes aux objectifs et stratégies parfois diverses, mais qui se retrouvent dans la nécessité de changer le système et dans la répression que leur impose le gouvernement.




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