^

Politique

« Des enfants de 4 ans ont été gazés », la police en roue libre à la marche des Libertés à Caen

Samedi, à Caen, pendant que plusieurs milliers de personnes manifestaient dans le centre ville contre la loi sécurité globale, un journaliste a dénoncé le gazage par la police d’enfants et de personnes vulnérables au cours de cette manifestation.

mardi 1er décembre 2020

Le cortège a rassemblé pas moins de 5000 personnes pour dénoncer la Loi de Sécurité Globale qui vise à augmenter l’impunité policière et qui s’inscrit dans l’offensive sécuritaire du gouvernement. Dans un thread Twitter, le journaliste Valentin Leroux dénonce la violence de la police face aux manifestants, et notamment alors que des enfants et des personnes vulnérables étaient présents.

En effet, vers la fin de la manifestation s’étant déroulé dans une ambiance apaisée, la tête de cortège a dévié du parcours officiel. Que ce changement ait été intentionnel ou non, des milliers de personnes ont suivi la tête de cortège en ignorant qu’elles déviaient du parcours prévu. Les organisateurs n’ont pas réussi à rétablir les manifestants dans la bonne direction, le mouvement étant déjà engagé. Les manifestants s’engagent donc dans une rue commerçante étroite menant au centre historique de la ville. Les policiers décident alors de tirer du gaz lacrymogène et l’intégralité du cortège se retrouve pris au piège de la rue et des gaz.

Encore une fois, la police a choisi d’user de la violence face à un cortège paisible de manifestants comprenant des enfants et des personnes vulnérables. AInsi, le journaliste Valentin Le Roux affirme qu’un enfant de 4 ans était présent et en panique, mais aussi des dames âgées qui pleuraient.

Sur son compte Twitter, le préfet du Calvados affirme que les forces de l’ordre ont fait usage des lacrymogènes face au refus de certains manifestants de se disperser. Pourtant, tous les manifestants présents en tête de cortège affirment n’avoir reçu aucun ordre de dispersion, ni de dernière sommation.

Dans tous les cas, il était quasiment impossible de faire demi-tour et il est peu probable que les nombreuses personnes fragiles encore présentes dans le cortège l’aient entendu.

Cette violence n’est pas un fait isolée, la plupart des manifestations contre la loi Sécurité globale ayant donné lieu à des scènes similaires. On peut citer l’utilisation des canons à eau et des lacrymo contre les manifestants à Rennes, ou encore un policier pointant à bout portant son LBD sur un journaliste à la manifestation de Paris.

Cette violence systématique ne laisse que peu de doute sur la volonté du gouvernement. Les discours sur la liberté de manifester cachent difficilement le l’absence d’égards que le gouvernement a envers les manifestants. Macron lui-même avait affirmé, en référence à la militante d’Attac grièvement blessée lors d’une manifestation des "gilets jaunes", que « "quand on est fragile, qu’on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci".

Face à cette répression accrue et à l’offensive sécuritaire du gouvernement, il est plus qu’essentiel de continuer à se mobiliser. Les manifestations importantes de samedi ont montré la possibilité de créer un rapport de force face à la Loi Sécurité Globale. Après le recul en apparence du gouvernement sur l’article 24 sous pression de la rue, il est plus que jamais nécessaire d’élargir ces mobilisations à l’ensemble des mesures sécuritaires, liberticides et islamophobes du gouvernement.




Mots-clés

Répression policière   /    Manifestation   /    Répression   /    Politique